Les robes safran virent au rouge sang

Faustine Vincent - ©2007 20 minutes

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La junte passe à l'action. Hier, les forces de sécurité ont commencé à réprimer le mouvement prodémocratie entamé il y a cinq semaines à Rangoun après une brusque augmentation du niveau de vie. La police et l'armée ont chargé les manifestants. Bilan, selon des responsables birmans et des témoins : au moins quatre morts, dont trois moines bouddhistes, cent personnes blessées, dont cinquante religieux, et deux cents autres arrêtées. L'opposante et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi aurait été transférée en prison.

Mais pour l'heure, les événements n'atteignent pas les proportions de 1988. « On est encore loin de la répression sanglante, qui avait alors fait entre 3 000 et 5 000 morts et semé un climat de terreur qui perdure aujourd'hui », relève Valérie Niquet, directrice du centre Asie à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Comment la crise peut-elle se dénouer ? Personne ne peut en préjuger pour l'instant, tant la Birmanie semble être entrée dans une phase d'incertitudes. Ce qui est sûr, c'est que la marge de manoeuvre de la junte est réduite. « S'il laisse les manifestations se développer, le régime pourrait être renversé, analyse la chercheuse. A l'inverse, s'il réprime sévèrement, il s'isolera encore plus sur la scène internationale. » D'autant plus que, contrairement à 1988, où aucune information ne filtrait, le développement d'Internet donne aux événements une visibilité médiatique très forte. Et permet à la communauté internationale d'observer ce qu'il s'y passe.

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