Bruxelles propose une amende aux membres de l'UE refusant des réfugiés

MIGRATION Les pays réfractaires se verraient notifier une amende de 250.000 euros par personne...

Clémence Apetogbor

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Des migrants arrivent en Europe le 24 avril 2016 (image d'illustration).
Des migrants arrivent en Europe le 24 avril 2016 (image d'illustration). — JOE KLAMAR / AFP

Une « contribution de solidarité » pourrait être instaurée pour tout pays refusant la répartition automatique des demandeurs d’asile dans l’ UE, a proposé ce mercredi la Commission européenne.

Celle-ci s’élèvera à 250.000 euros par personne, dans le cadre d’une révision du règlement de Dublin.

« Partager le fardeau »

Cette somme sera versée au pays qui accueillera une personne à la place de l’Etat membre refusant les demandeurs d’asile, a expliqué l’exécutif européen, en présentant une révision du règlement de Dublin qui fait le plus souvent peser sur le pays de première entrée la responsabilité d’une demande d’asile.

« Dublin ne fonctionne pas car les pays en première ligne sont laissés seuls avec leur problème. Cela ne fonctionne plus (…), il faut partager le fardeau », a plaidé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

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Quota de répartition

L’afflux migratoire qu’a subi l’UE, avec plus de 1,25 million de requêtes déposées en 2015 principalement par des Syriens, des Afghans ou des Irakiens fuyant la guerre et l’insécurité, ont mis en évidence les lacunes de règles actuelles, qui ne sont plus vraiment appliquées de fait sur le terrain.

Rome et Athènes, en première ligne, mais aussi l’Allemagne, l’une des destinations les plus recherchées par les migrants, en ont ouvertement dénoncé l’injustice ces derniers mois.

Chaque pays de l’UE se verra ainsi attribuer un quota de répartition de référence théorique (exprimé en pourcentage des demandes d’asile dans l’UE), prenant en compte sa taille et son PIB, mais aussi les efforts qu’il fait déjà pour accueillir des demandeurs d’asile depuis des pays tiers, a expliqué la Commission.

Un « chantage » dénoncé par la Hongrie

Si un afflux massif de demandeurs d’asile dans un pays a pour conséquence qu’il fait face à plus de 150 % de son quota de référence, le « mécanisme d’équité » serait déclenché, entraînant automatiquement des obligations d’accueil des demandeurs d’asile dans les pays qui sont eux en dessous de leur quota de référence.

Le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto a qualifié cette amende de « chantage », jugeant que cette proposition était « inacceptable et non-européenne ».

Peter Szijjarto, qui s’exprimait à Prague à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du groupe de Visegrad, a affirmé que « le concept des quotas est une impasse ». « Je voudrais demander la Commission de ne pas s’engager dans cette impasse », a-t-il ajouté.