Trump en route vers l'investiture républicaine: Peut-il réunifier le parti?

ETATS-UNIS La victoire du milliardaire dans l’Indiana et la défection de son principal adversaire place désormais les ténors du parti républicain face à leurs dissensions…

Helene Sergent

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Donald Trump a fait machine arrière sur la question de la torture.
Donald Trump a fait machine arrière sur la question de la torture. — Charles Rex Arbogast/AP/SIPA

« Donald Trump est le candidat présumé du parti républicain, nous devons nous unir et nous concentrer sur la défaite d’Hillary Clinton ».Ce tweet plein « d’enthousiasme » est signé Reince Priebus, président du parti républicain américain, posté au lendemain de  la 28e victoire de Donald Trump dans la course à l’investiture présidentielle. Avec ses 1047 délégués, le magnat de l’immobilier  s’impose désormais comme ultime recours pour les conservateurs. Les ténors du parti vont-ils mettre de côté leurs divisions pour soutenir un candidat fustigé pour ses outrances et ses attaques récurrentes à l’égard de ses adversaires ?

Pas d’autre alternative 

Si la course à la primaire républicaine n’est pas terminée,l’abandon de Ted Cruz, seul rival capable de concurrencer Donald Trump, la voie semble dégagée pour l’homme d’affaires new-yorkais. Pour Marie-Cécile Naves, docteure en science politique de l’université Paris-Dauphine, spécialiste de la droite américaine, le parti républicain vit en ce moment une étape cruciale : « On voit mal qui pourrait émerger avant  la convention de Cleveland, prévue le 18 juillet prochain. Personne ne peut faire consensus, le parti est trop divisé sur les questions d’immigration, d’économie, de politique étrangère. Le parti n’a pas pris Donald Trump suffisamment au sérieux. Lui qui n’a sa carte chez les républicains que depuis 4 ans et qui répète qu’il peut se passer de l’establishment, est finalement parvenu à séduire l’électorat républicain ».

Même constat pour Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’université Paris-Assas, et auteur de Qui veut la peau du parti républicain - l’incroyable Donald Trump (Ed.de Passy) : « Le processus électoral américain est long, complexe et demande des fonds phénoménaux. Et il ne faut pas oublier que près de 10 millions de personnes ont voté pour lui. Politiquement, les républicains ne peuvent pas ne pas continuer avec le scénario souhaité par ces électeurs ». Quant à John Kasich, gouverneur de l’Ohio et candidat encore en lice face à Trump, ses chances semblaient bien minces : « Personne n’y croit », tranche Marie-Cécile Naves. Avec seulement 153 délégués ralliés à sa candidature, Kasich doit annoncer ce mercredi soir son retrait de la primaire républicaine

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Un parti en ordre de bataille

Divisé, le parti va pourtant devoir faire front derrière son candidat. Principale raison évoquée par Jean-Eric Branaa et Marie-Cécile Naves, l’élection de certains sénateurs et gouverneurs en parallèle du scrutin présidentiel : « C’est le parti qui va s’unifier autour de Trump et non l’inverse, les leaders qui s’opposent à lui seront probablement mis sur la touche. Il faut imaginer le système politique américain comme pyramidale, Trump étant le haut de l’édifice. Avec l’élection de sénateurs, de certains juges et de gouverneurs, on entre dans une logique gagnant-gagnant ou perdant-perdant. Si Trump est fragilisé, c’est tout le parti qui l’est », avance le maître de conférences.

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« Le parti ne peut pas se permettre de renvoyer une image divisée s’il veut mobiliser son électorat pour les autres scrutins », ajoute Marie-Cécile Naves. Si la victoire de Trump dans l’Indiana dans la nuit de mardi à mercredi a suscité de vives réactions parmi les républicains les plus modérés, l’exaspération sera de courte durée avance Jean-Eric Branaa : « Le parti va s’unir à une vitesse qui va sidérer tout le monde. Désormais, chacun joue sa place ».