VIDEO. Que se passe-t-il à Fort McMurray, la cité-pétrole du Canada menacée par un incendie ?

CATASTROPHE Plusieurs feux ont forcé l'évacuation de cette ville dépendante des énergies fossiles...

Olivier Philippe-Viela (avec AFP)

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La ville de Fort McMurray ravagée le 3 mai 2016 par un incendie
La ville de Fort McMurray ravagée le 3 mai 2016 par un incendie — Lynn Daina AFP

Un épais brouillard, de gigantesques nappes de fumée et un ciel aux nuances noir-orange. Déclaré dimanche 1er mai, un gigantesque incendie de forêt à Fort McMurray, au Canada, a obligé 80.000 habitants à quitter en urgence cette ville de la province d’Alberta, dans l’Ouest du pays.

«Un ordre d’évacuation obligatoire»

Face à la progression des flammes au nord de la localité, les autorités ont émis « un ordre d’évacuation obligatoire » de cette cité pétrolière de 100.000 habitants. Une centaine de pompiers et neuf bombardiers d'eau combattent les multiples foyers d’incendie. Un parc accueillant ders camping-cars, plusieurs maisons, des stations-essence et même un transformateur électrique ont brûlés ou explosés, comme on peut le voir dans cette vidéo relayée sur Twitter.

De longues files de voitures remontaient vers le nord notamment sur l'autoroute pour rejoindre des centres d'évacuations spécialement aménagés, selon les images des télévisions montrant les véhicules roulant alors que les bas-côtés de la chaussée sont ravagés par les flammes.

«C'est une situation effrayante et stressante pour les personnes qui ont dû quitter leur maison dans ces conditions», a déclaré mardi soir la Première ministre de l'Alberta Rachel Notley. Dans la foulée, le Premier ministre Justin Trudeau a proposer d'aider la province. «Je pense aux personnes qui sont touchées par l'incendie à Fort McMurray (...). Soyez prudents et suivez les ordres d'évacuation», avait-il posté un peu plus tôt sur son compte Twitter.

Une région à la merci des incendies

Le temps chaud et sec, les vents changeants et la présence de pins (qui brûlent facilement) en Alberta a favorisé la propagation de l’incendie dans la forêt boréale. Comptant de nombreuses zones boisées, la province, ainsi que sa voisine la Saskatchewan, ont vu leur degré de danger incendie passer d’« élevé » en temps normal à « extrême ». Tous les feux en plein air ont évidemment été prohibés, alors que la région est touchée par une trentaine d’incendies. L’an passé, en Saskatchewan, la province voisinne, 17.000 km2 de forêts avaient été dévastés par le feu, forçant l’évacuation de 13.000 personnes.

Paradis du gaz naturel et du pétrole

Fort McMurray est connue en tant que capitale des sables bitumineux de l’Athabasca, un ensemble de gisements de gaz et de pétrole brut au cœur de la forêt boréale, exploités depuis les années 80, qui ont poussé des entreprises comme Schell et CNOOC (troisième compagnie pétrolière chinoise) à s’installer dans la région. Le Canada possède la troisième réserve de pétrole de la planète, 11 % de la production mondiale, grâce à ces mines qui entourent Fort McMurray. Il n’y aurait pas de lien avec le déclenchement de l’incendie, mais l’économie de la ville, totalement dépendante des énergies fossiles, va pâtir de la catastrophe.