Liberté de la presse : Quatre journalistes récompensés par Reporter sans frontières

LIBERTES Le journaliste turc Can Dündar, le burundais Antoine Kaburahe, l'iranienne Narges Mohammadi et l'afghan Lotfullah Najafizadeh ont reçu une médaille de la ville de Paris...

20 Minutes avec agence

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La liberté de la presse s'est dégradée dans toutes les régions du monde en 2015
La liberté de la presse s'est dégradée dans toutes les régions du monde en 2015 — ERIC CABANIS AFP

Reporter sans frontières (RSF) a rendu hommage aux « héros de l’information », lors de la soirée « Les Combats du journalisme », qui se tenait lundi soir à Paris. À la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce mardi, le journaliste turc Can Dündar, Antoine Kaburahe, journaliste burundais exilé en Belgique, Narges Mohammadi, journaliste prisonnière des geôles iraniennes, et Lotfullah Najafizadeh, patron d’une télévision afghane victime des talibans, ont été mis à l’honneur et ont reçu une médaille de la ville de Paris.

« Ces médailles vont bien au-delà du symbole, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Elles sont un véritable soutien pour des hommes et des femmes qui parfois risquent leur vie ou leur liberté pour informer leurs concitoyens et qui sont des exemples pour leurs confrères partout dans le monde. »

« Espionnage » et « divulgation de secrets d’État »

Car pour avoir défendu la liberté de la presse dans leur pays, ces quatre journalistes risquent aujourd’hui l’exil, la prison voire la mort. Farouche opposant du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, Can Dündar, directeur de la publication du quotidien Cumhuriyet, encourt la prison à vie. A 54 ans, il est accusé d'« espionnage » et de « divulgation de secrets d’État » pour avoir publié un article sur des livraisons d’armes par les services secrets turcs à des islamistes en Syrie. Son procès est en cours.

Antoine Kaburahe, 47 ans, est le directeur de l’hebdomadaire privé et indépendant Iwacu, dernier média indépendant à paraître au Burundi. A 47 ans, il vit aujourd’hui exilé en Belgique depuis la tentative de putsch de mai 2015.

Procès reporté et cible des talibans

Narges Mohammadi, journaliste iranienne et militante pour le respect des droits humains, est emprisonnée depuis mai 2015 dans son pays. Elle est accusée de « diffusion de propagande contre le régime » et de « rassemblement et collusion en vue de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale ». Elle n’a pas vu ses enfants ni son mari depuis huit mois et souffre de graves problèmes de santé. Son procès était prévu pour avril 2016, il a été reporté plusieurs fois sans aucune explication.

Lotfullah Najafizadeh est le directeur de Tolo News, chaîne de télévision lauréate du Prix RSF 2005 et rare source d’information fiable en Afghanistan. Il a été victime d’un attentat-suicide en janvier 2016, commis par les talibans. A noter que l’Afghanistan, la Turquie, le Burundi et l’Iran figurent respectivement aux 120e, 151e, 156e et 169e places du classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par RSF communiqué en avril.

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Un triste palmarès fermé comme chaque année depuis 2007 par l’Erythrée et un rapport qui note une « dégradation profonde » de la liberté de la presse dans le monde. Selon RSF, 787 journalistes et collaborateurs de médias ont été tués depuis 2005 en raison de leurs fonctions.