Etats-Unis: Une musulmane accuse des policiers de lui avoir enlevé son voile de force

MONDE Kirsty Powell a porté plainte et dénonce une «humiliation»...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une femme musulmane portant un voile.
Illustration d'une femme musulmane portant un voile. — PHILIPPE HUGUEN AFP

Une musulmane a porté plainte lundi contre des policiers en Californie, dans l'ouest des Etats-Unis, qu'elle accuse de lui avoir enlevé son voile de force après l'avoir arrêtée. Kirsty Powell et son mari ont été interpellés en voiture par deux policiers alors qu'ils rentraient chez eux en mai dernier, d'après une plainte contre la ville de Long Beach et ses forces de l'ordre.

Kirsty Powell, qui est noire, affirme qu'au poste de police l'un des agents lui a enlevé de force son voile devant d'autres policiers et détenus masculins, affirmant qu'elle n'avait «pas le droit de porter son foulard» et que les policiers avaient «le droit de toucher les femmes». L'incident a infligé à Mme Powell «une grande honte, humiliation, anxiété et détresse émotionnelle», selon la plainte.

Mme Powell a ensuite été arrêtée en lien avec deux procédures judiciaires toujours en cours: l'une liée à sa sœur qui aurait usurpé son identité, et l'autre sur un incident de vol à l'étalage dans une épicerie en 2002.

Emails xenophobes

«Les actes des agents de police de Long Beach n'étaient pas nécessaires et représentent une grave atteinte à l'intégrité physique de Mme Powell», a dénoncé Yalda Satar, avocate de l'association de défense des droits des musulmans Cair (Council on American-Islamic Relations), qui a déposé la plainte. «La manière dont Mme Powell a été traitée par les policiers du LBPD ne servait qu'à montrer leur autorité sur une femme de couleur qui ne pouvait se défendre, et témoigne de la discrimination face aux femmes qui portent le voile», a-t-elle ajouté.

La plainte, dans laquelle Mme Powell demande un procès et des dommages et intérêts d'un montant non spécifié, est rendue publique au moment où les polices de Los Angeles et de San Francisco sont accusées d'être à l'origine d'emails ou de textos xénophobes et sexistes.