Migrants: L'Autriche se réserve le droit de fermer ses frontières sur fond de poussée de l'extrême-droite

AUTRICHE Cette loi, l'une des plus restrictives d'Europe, permettra de bloquer les migrants aux frontières sans même leur accorder la possibilité de formuler une demande d'asile...

M.C. avec AFP

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Des manifestants protestent contre les contrôles à la frontière entre l'Autriche et l'Italie, le 24 avril 2016.
Des manifestants protestent contre les contrôles à la frontière entre l'Autriche et l'Italie, le 24 avril 2016. — EXPA / JOHANN GRODER / APA / AFP

L'Autriche crée un «état d'urgence» migratoire. Le parlement du pays, qui a accueilli 90.000 réfugiés en 2015, a adopté mercredi une loi qui prévoit la possibilité de décréter ce dispositif supprimant quasiment le droit d'asile, sur fond de montée de l'extrême droite.

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Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a immédiatement condamné le texte, soulignant notamment que «les demandeurs d'asile, même venant de région en guerre, n'auront plus la possibilité de bénéficier de l'asile en Autriche» si l'état d'urgence est proclamé.

Empêcher les migrants de formuler une demande d'asile

Elaboré depuis plusieurs mois et décrié par des ONG et une partie de l'opposition, cette loi, l'une des plus restrictives d'Europe qui n'a d'équivalent qu'en Hongrie, permettra dans certaines circonstances de bloquer les migrants aux frontières sans même leur accorder la possibilité de formuler une demande d'asile.

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Sous ce régime, mis en oeuvre si les services de l'Etat sont jugés «dépassés», tous les demandeurs d'asile, y compris les Syriens et les Irakiens, seront refoulés aux frontières, à moins de prouver qu'ils sont persécutés par le pays d'où ils arrivent, par exemple l'Italie.

Regroupement familial restreint

La nouvelle loi, adopté par 98 voix contre 67, limite aussi à trois ans l'octroi initial du droit d'asile, une mesure déjà en vigueur dans d'autres pays européens comme l'Allemagne. Elle restreint le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, un statut moins favorable que l'asile et qui concerne principalement des Afghans.

«Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde», a expliqué le nouveau ministre de l'Intérieur Wolfgang Sobotka, assurant que le gouvernement n'agissait «pas par plaisir, mais parce que d'autres pays ne font pas leur travail» en matière de contrôles des migrants.