Pénurie d'électricité: Le Venezuela met en place la semaine de deux jours pour ses fonctionnaires

ECONOMIE Le président espère ainsi économiser encore un peu plus d'électricité, alors que les coupures s'enchaînent chaque jours dans le pays...

20 Minutes avec agences
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Le président du Venezuela Nicolas Maduro le 17 février 2016.
Le président du Venezuela Nicolas Maduro le 17 février 2016. — HO / PRESIDENCIA / AFP

Le Venezuela est confronté à une triple crise : économique, énergétique et politique. Et alors que le pays avait déjà rendu

férié » tous les vendredis, le président Nicolas Maduro vient d’ordonner aux fonctionnaires de ne travailler désormais que deux jours par semaine, soit le lundi et le mardi.

« Mercredi, jeudi et vendredi seront chômés dans le secteur public, à l’exception des tâches fondamentales et nécessaires », a précisé, ce mardi, le vice-président Aristobulo Isturiz.

L’électricité déjà coupée quatre heures par jour

La mesure, dont la durée n’a pas été précisée, est radicale et pourrait même faire des jaloux en Europe, elle est cependant plus que sérieuse. Elle doit donner une énième tour de vis au plan de 60 jours qui permettra d’endiguer cette profonde pénurie d’énergie qui occasionne de nombreuses coupures de courants dans le pays.

 

Elle s’ajoute ainsi à d’autres initiatives d’économies d’énergie prises récemment par Nicolas Maduro. La semaine dernière, le gouvernement a ainsi annoncé que l’électricité serait coupée quatre heures par jour pendant 40 jours dans les dix Etats (sur 24) les plus peuplés du pays, à l’exception de la capitale Caracas.

Réservoirs à plat et manoeuvres politiques

Il a aussi décrété un prochain changement de fuseau horaire de 30 minutes, ou la réduction à six heures par jour du temps de travail dans les ministères. Les grands consommateurs de courant, dont les hôtels, doivent quant à eux pourvoir eux-mêmes à leurs besoins en électricité.

Mardi, le vice-président socialiste s’exprimait depuis la principale centrale hydroélectrique du Venezuela, la centrale de Guri à Bolivar (sud-est), qui fournit 70 % de l’énergie électrique du pays et se trouve à un niveau anormalement bas. Quant aux 18 réservoirs d’eau du Venezuela, ils souffrent de la sécheresse provoquée par El Niño, phénomène météorologique particulièrement virulent en Amérique latine.

Qu’importe les caprices climatiques, l’opposition, majoritaire au Parlement, accuse, elle, l’exécutif de ne pas avoir investi assez dans le réseau électrique pour faire face à la demande.