Tafta: Paris ne croit pas à la conclusion d'un accord d'ici à la fin 2016

POLITIQUE Le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl a rappelé que la France ne signerait pas d’accord « à tout prix »…

20 Minutes avec AFP
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Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl.
Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

L’accord sur un traité de libre-échange transatlantique (Tafta) semble loin d’être trouvé. « On s’en éloigne », a même estimé le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, qui suit les négociations pour la France.

A la question, un accord pourrait-il être signé avant la fin de l’année, Matthias Fekl laisse peu de place au doute. « Non, je ne pense pas », a-t-il dit au micro de RTL ce mardi.

« On s’éloigne d’ailleurs des chances, ou des risques, chacun jugera, de conclusion tout court », a-t-il ajouté alors qu’un nouveau cycle de négociations se tient cette semaine à New York.

Pas de signature « à n’importe quel prix »

Il a rappelé que la France attend des avancées sur les dossiers de l’environnement, la transparence des discussions, ou les procédures d’arbitrage et a affirmé souhaiter, « un bon accord ».

Mais « il n’y a pas de frénésie, ni française, ni européenne, à signer à n’importe quel prix, n’importe quoi », a-t-il assuré.

A New York s’est ouvert lundi le treizième round organisé depuis 2013. Les discussions entre Washington et la Commission européenne n’en finissent plus de patiner. Ce qui agace le président Barack Obama, qui veut profiter de son passage à Hanovre (Allemagne) pour convaincre ses partenaires européens de boucler les négociations d’ici à la fin de l’année.

Manuel Valls avertit

Ce vaste accord commercial, vise à supprimer les barrières douanières et réglementaires entre les Etats-Unis et l’UE mais il rencontre une forte résistance dans la société civile qui critique notamment son opacité, mais aussi l’impact qu’il pourrait avoir sur l’agriculture ou l’environnement.

« Je ne vois pas l’Europe comme devant suivre les Etats-Unis », a justifié Matthias Fekl. « Le premier ensemble économique au monde, c’est l’Europe, le premier ensemble qui pèse dans le commerce international par sa valeur, par son poids, c’est l’Europe. L’Europe doit se faire entendre en tant que telle », a-t-il répété. « Il n’y a aucune raison de se mettre à la remorque de tel ou tel continent, ou tel ou tel pays, fût-il un partenaire et un allié », a-t-il insisté.

Manuel Valls a renchéri de son côté. Le Tafta « ne pourra pas aboutir » s’il ne garantit pas le maintien du « niveau d’exigence » de la France en matière de santé et d’environnement, a-t-il averti.

« Je veux être très clair : il ne pourra pas aboutir s’il n’apporte pas les garanties que le niveau d’exigence que nous avons en France pour la santé et l’environnement de nos concitoyens sera maintenu », a déclaré le Premier ministre ce mardi lors de son discours de clôture de la Conférence environnementale à Paris.