Présidentielle: Les cinq gros coups de com' de Rodrigo Duterte, le «Punisher» philippin

PHILIPPINES Favori de la présidentielle philippine, Rodrigo Duterte, mène une campagne comme Donald Trump aux Etats-Unis : en dérapant non-stop...

B.T.

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Le candidat à la présidentielle philippine, Rodrigo Duterte, alors qu'il dévoile l'une de ses cicatrices, le 12 février, à Pasay.
Le candidat à la présidentielle philippine, Rodrigo Duterte, alors qu'il dévoile l'une de ses cicatrices, le 12 février, à Pasay. — AP Photo/Bullit Marquez

La présidentielle philippine du 9 mai s’annonce très spéciale. A 71 ans, Rodrigo Duterte, le maire de Davao, était toujours le favori des sondages, dimanche. L’homme, surnommé le Punisher, sent le soufre, mais devance de 12 points son principal rival. Et tel Donald Trump aux Etats-Unis, il multiplie les déclarations à l’emporte-pièce.

1. Il fait des blagues (pas drôles) sur le viol d’une religieuse australienne

A propos d’une missionnaire australienne violée dans une prison de Davao, ville dont il fut maire durant 19 ans, Rodrigo Duterte a plaisanté, durant un meeting le 17 avril : « Ils ont violé toutes les femmes (…) Il y avait cette missionnaire australienne (…) J’ai vu son visage et je me suis dit "Putain, quel dommage". Ils l’ont violée, ils ont tous attendu leur tour. J’étais en colère qu’ils l’aient violée, mais elle était si belle. Je me suis dit : "Le maire aurait dû passer en premier". »


L’ambassadrice d’Australie aux Philippines, Amanda Gorely, a tweeté, le lendemain : « Le viol et le meurtre ne devraient jamais être la source de plaisanteries ou être banalisés. Les violences contre les femmes sont inacceptables à tout moment et n’importe où. »

Le candidat à la présidentielle a présenté ses excuses deux jours plus tard en expliquant qu’il n’avait pas l’intention de manquer de respect aux femmes et à celles qui ont été victimes de ce type de crime horrible. Une plainte a été déposée, le 20 avril, par une association contre la traite des femmes aux Philippines.

>> A lire aussi : Le candidat favori à la présidentielle critiqué pour une plaisanterie sur des viols

2. Il a annoncé qu’il tuerait ses enfants s’ils prenaient de la drogue

Dimanche, Rodrigo Duterte s’est à nouveau posé comme un rempart contre le crime. « Ils disent que je suis un tueur. Peut-être que j’en suis un », a-t-il commencé à expliquer au cours du dernier débat pour la fonction suprême. Interrogé sur le sort qu’il réserverait à ses enfants s’il apprenait que l’un d’eux se droguait, il a tout simplement répondu : « Je le tuerais. »


Selon, l’ONG Human Rights Watch, Rodrigo Duterte traîne la réputation d’avoir au minimum fermé les yeux sur des escadrons de la mort ayant sévi dans sa ville entre 1998 et 2008. Ceux-ci seraient responsables de la mort ou de la disparition d’un millier de personnes. En 2009, Rodrigo Duterte avait commenté : « Si vous faites une activité illégale dans ma ville, si vous êtes un criminel qui s’en prend aux innocents de cette ville, aussi longtemps que je suis maire, vous serez une cible légitime d’assassinat. »

3. Il a qualifié le pape de « fils de pute »

Fin novembre 2015, Rodrigo Duterte s’est retrouvé dans un énorme embouteillage pendant la visite du pape François à Manille. Il en est sorti en annonçant que le religieux était « un fils de pute » et pouvait rentrer au Vatican.

Il s’était immédiatement fait rabrouer dans un tweet par Edwin Lacierda, le porte-parole de la présidence des Philippines : « Maire Duterte, vous pouvez dire ce que vous voulez des politiciens, mais ne touchez pas au pape François. »


Rodrigo Duterte a tout de même attendu janvierpour présenter ses excuses, expliquant qu’il avait maudit la situation et non le Saint-Père. Le pays compte 81 millions de catholiques. Une communauté que même Rodrigo Duterte ne peut se permettre de fâcher.

4. Il compte attaquer la Chine avec un jet-ski 

Interrogé, lors d’un débat pour la présidentielle, sur ce qu’il comptait faire pour régler la question du conflit territorial en mer de Chine méridionale, le candidat à la présidentielle a répondu : « Je vais demander à la Marine de me conduire à la frontière au plus près du récif de Scarborough. Je vais prendre un jet-ski, le drapeau des Philippines et je vais aller jusqu’ à la base chinoise et le planter. Ensuite, je dirais : "C’est à nous, maintenant faites ce que voulez-vous de moi." »

5. Il a offert 121 000 dollars pour qu’on lui apporte la tête d’un mafieux local

Dans une interview en mai 2015 à la chaîne Al Jazeera, Rodrigo Durete a notamment promis de tuer 100 000 criminels et de jeter leurs cadavres dans la baie de Manille. Dans la même interview, il s’est vanté d’appartenir à un escadron de la mort.

Une phrase choc, mais pas encore du niveau de sa sortie d’octobre 2012. A l’époque, il avait promis une récompense de 96 800 dollars pour celui qui lui ramènerait la tête de Ryan Yu, un mafieux local. Il avait surenchéri en proposant 24 200 dollars si cette tête était livrée avec de la glace.