Attentat de novembre: Comment les djihadistes du «4e commando» se sont infiltrés en Europe

TERRORISME Les deux hommes, arrêtés en décembre dernier en Autriche alors qu’ils se faisaient passer pour des demandeurs d’asile, sont passés aux aveux…

H. B.

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Un camp de réfugiés en Grèce.
Un camp de réfugiés en Grèce. — JOE KLAMAR

L’enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris se poursuit au-delà de la frontière française. Les deux demandeurs d’asile, voyageant avec de faux passeports syriens qui ont été interpellés le 10 décembre dans un centre de réfugiés de Salzbourg en Autriche, sont enfin passés aux aveux.

Le premier individu, un Pakistanais de 22 ans qui se faisait appeler Faisal A., mais qui s’appelle en réalité Muhammad U et le second homme, un Algérien de 28 ans nommé Adel H., ont raconté comment ils ont réussi à s’infiltrer en Europe dans le but de participer aux attentats du 13 novembre à Paris.

De Raqqa à Leros en passant par Izmir

Ce récit, qui a permis aux enquêteurs de retracer en détail leur itinéraire, a été dévoilé la semaine dernière par le Washington Post. Tout commence à Raqqa en Syrie où un recruteur de Daesh nommé « Abou Ahmad » leur donne les premières instructions, explique Le Parisien.

« Ils m’ont dit que je devrais aller en France, pour y accomplir une mission et que je recevrai des instructions là-bas », témoigne l’un des deux présumés djihadistes arrêtés en Autriche. Quatre personnes se retrouvent alors pour préparer cette opération : Muhammad U., Adel H. et les deux kamikazes syriens qui se feront exploser au Stade de France.

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Equipés de faux passeports et de téléphones portables avec des numéros pré-enregistrés, ils embarquent direction Alep pour pouvoir ensuite passer en Turquie. Ils franchissent ainsi la frontière sans difficultés et arrivent à Izmir. De là, ils cherchent à rejoindre les côtes grecques. Comme la plupart des réfugiés avec lesquelles ils se trouvent, ils se font rançonner par la mafia locale et doivent alors payer 1.100 dollars chacun, soit 980 euros par personne.

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Les quatre hommes arrivent ensuite sur la côte grecque, à Léros. Tout se passe bien pour les deux Irakiens qui franchissent sans problème les contrôles de sécurité. Mais Muhammad U. et Adel H. sont eux arrêtés et placés en centre de détention, des soupçons planant alors sur leur véritable identité.

L’arrestation à Salzbourg en Autriche

Muhammad U. et Adel H. sont ensuite relâchés, et parviennent ainsi à rejoindre l’Autriche, sans toutefois réussir à rejoindre la capitale française afin d’accomplir leur funeste mission. Peu après les attentats du 13 novembre, ils seront identifiés et arrêtés par les services de renseignement français qui ont réussi à retracer leur itinéraire depuis leur débarquement de Léros.

Aujourd’hui, les deux hommes sont considérés comme des témoins clés dans l’enquête sur les attentats de Paris.