Equateur: Un miraculé sort des ruines du séisme, sa femme avait réservé son cercueil

EQUATEUR Pablo Cordova a été secouru après 47 heures passés sous les décombres...

M.C. avec AFP

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Pablo Rafael Cordova, que tout le monde croyait mort, a été sorti vivant des décombres du tremblement de terre à Portoviejo, en Equateur.
Pablo Rafael Cordova, que tout le monde croyait mort, a été sorti vivant des décombres du tremblement de terre à Portoviejo, en Equateur. — Rodrigo Abd/AP/SIPA

Pablo Cordova croit au «miracle»: ce rescapé du séisme en Equateur a passé 47 heures sous les décombres, buvant son urine et tremblant d'être broyé par la pelle mécanique qui déplaçait les gravats, pendant que sa femme réservait un cercueil.

C'est par un message apparu sur l'écran de son portable que Pablo Cordova a su que les secouristes allaient le tirer de là. «Ecarte-toi, nous allons forer», a lu ce menuisier, enterré vivant sous les ruines d'un hôtel de cinq niveaux à Portoviejo, chef-lieu de la province de Manabi, dévastée par le tremblement de terre du 16 avril qui a fait plus de 600 morts.

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«Je l'ai gardé ce message», déclare-t-il en le montrant sur son téléphone. «Il me restait deux barres de batterie. Il ne fallait pas que je la gaspille. Alors quand il n'y avait pas de connexion, je l'éteignais.»

Sa foi, le yoga et son urine lui ont permis de tenir

Pablo Cordova, 52 ans, estime que «c'est un miracle» s'il est vivant aujourd'hui. Il faisait des travaux le week-end à l'hôtel El Gato et se trouvait au deuxième niveau lorsqu'il s'est senti pris dans «un violent tourbillon» et a perdu connaissance. «Quand j'ai repris conscience, je me trouvais sous l'un des meubles de la réception», ayant la sensation qu'«une bombe atomique» venait d'exploser.

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Dans la chaleur torride de la côte Pacifique, accentuée par le fait d'être emprisonné sous des tonnes de béton, il transpirait. «Je me disais: "Je ne peux pas suer! Je perds du liquide. Je me déshydrate et je vais mourir plus vite à cause des pierres."»

Pour pallier sa soif, une seule solution: «J'urinais, j'en récupérais un peu, m'en passais sur les lèvres et en buvais». Sa foi et le yoga lui ont aussi permis de tenir. «Dieu va m'aider», se répétait-il, en maitrisant son angoisse grâce aux techniques de respiration et de méditation apprises lors d'un cours de yoga.

Sa femme n'y a d'abord pas cru

L'espoir de s'en sortir est venu quand il a pu joindre quelqu'un. «J'ai commencé à appeler tous mes contacts. Mais rien! Et puis il y a eu une dame chez qui je faisais des travaux à Esmeraldas. Là, le téléphone a sonné. Je lui ai dit: "Madame Veronica, c'est moi, Pablo". Je suis coincé dans les décombres de l'hôtel. S'il vous plaît, faites quelque chose pour qu'on m'aide. Dites-leur de ne rien bouger, qu'ils arrêtent les machines, que bouger les décombres va me tuer. C'est ça qui va me tuer!», lui a-t-il expliqué.

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Sa femme en revanche se montre d'abord sceptique. Après le séisme, plusieurs personnes assuraient, sans preuve, recevoir des messages ou des appels de survivants. «Mon épouse ne pensait pas que j'étais vivant. Même les secouristes n'y étaient pas préparés!» Mais ils l'ont quand même appelé par son nom et il a ensuite reçu le message soigneusement conservé.

«Quand ils sont arrivés jusqu'à moi, j'étais tout ému, j'ai ressenti une joie infinie. Là, cela ne m'importait plus de transpirer. J'ai commencé à bouger. Quand ils ont fait la première perforation, j'ai guidé les gars» en leur disant «Je suis là!».

«Je suis vivant! Je suis vivant!»

«Ils ont agrandi un trou. Celui qui m'a fait passer une bouteille d'eau, je lui ai attrapé la main. J'ai commencé à pleurer.» «Pablo, c'est nous qui allons t'aider. Calme-toi», lui ont alors dit ses sauveteurs. «Ils m'ont attrapé par les bras, les mains, par toutes les parties de mon corps et ils m'ont sorti», se souvient-il, ému. Selon le menuisier, il y avait huit personnes dans l'hôtel au moment du séisme. Seulement trois ont survécu: deux Colombiens et lui.

Son épouse, Sonia Zambrano, le croyait mort. «Tout était en ruines. Ce n'était pas possible qu'il y ait là un être humain vivant», raconte-t-elle. Elle avait même demandé au patron de son mari de lui donner un cercueil «parce que je n'avais rien pour l'enterrer, lui donner un sépulture chrétienne».

Elle n'a pas eu à s'en servir. «Il m'a appelée deux fois. La première, je ne l'ai pas cru. J'ai pensé que c'était une blague. Le numéro n'était pas enregistré», raconte cette femme de 50 ans, qui a eu deux enfants avec Pablo. «J'ai dit "Quoi?" et là il m'a répondu: "Je suis vivant! Je suis vivant!"»