L'Australie admet avoir subi une attaque informatique de grande ampleur en 2015

PIRATAGE La Chine est officieusement dans le viseur des autorités australiennes...

20 Minutes avec AFP

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Illustration du drapeau australien
Illustration du drapeau australien — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

Un an après, l'Australie lève le voile sur un piratage informatique d'envergure. Le pays a reconnu jeudi qu’une de ses administrations sensibles avait été la cible en 2015 d’une attaque informatique et avait dû débloquer des centaines de millions de dollars australiens pour lutter contre la cybercriminalité. Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull s’est refusé à accuser la Chine de cette attaque, concédant seulement que « des efforts étaient fournis par des acteurs étrangers, gouvernementaux ou non, pour pénétrer » dans les systèmes informatiques des agences gouvernementales australiennes.

« Je suis en mesure de confirmer que le Bureau de météorologie a été victime d’une intrusion informatique d’envergure qui a été découverte au début de l’année dernière, et le département des services parlementaires a été la victime d’une intrusion similaire ces dernières années », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse à Sydney. « Je n’ai rien à ajouter », a-t-il balayé devant les journalistes qui l’interrogeaient sur l’éventuelle origine chinoise de l’attaque contre le Bureau de météorologie (BOM).

La Chine dans le viseur

En décembre, l’Australian Broadcasting Corporation l’avait imputée à Pékin en s’appuyant sur les déclarations d’un responsable non identifié. Le BOM, qui a des liens avec le ministère de la Défense, est doté d’un des plus puissants superordinateurs du pays.

MalcolmTurnbull a annoncé une enveloppe de 230 millions de dollars australiens (159 millions d’euros) pour lutter contre la cybercriminalité. Celle-ci vient s’ajouter à l’allocation de 400 millions prévue dans ce domaine pour les 10 ans qui viennent. Les autorités estiment le coût annuel direct des cyberattaques en Australie à un milliard de dollars australiens, a-t-il ajouté.

Des médias avaient déjà attribué en 2013 à des pirates informatiques chinois le vol des plans secrets du nouveau siège des renseignements australiens. En 2011, les ordinateurs des Premier ministre, ministres des Affaires étrangères et de la Défense avaient été piratés. La presse affirmait que les agences du renseignement chinois étaient soupçonnées, une information que Canberra n’avait là encore pas voulu commenter.