VIDEO. Primaires américaines: Trump, Clinton, Sanders... Pourquoi la bataille est très symbolique à New York

ETATS-UNIS Trois des cinq candidats aux primaires américaines revendiquent leurs liens avec l’Etat de New York où se déroule ce mardi un scrutin crucial dans la course à la Maison Blanche…

Laure Cometti

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Donald Trump et Hillary Clinton, candidats républicain et démocrate des primaires américaines.
Donald Trump et Hillary Clinton, candidats républicain et démocrate des primaires américaines. — DSK / AFP

Depuis quelques semaines déjà, les candidats des primaires de l’élection présidentielle américaine avaient les yeux rivés sur Big Apple. Dans l’Etat de New York, l’un des plus peuplés et cosmopolites des Etats-Unis, les primaires entrent ce mardi dans leur dernière ligne droite. Elles ont également une dimension symbolique puisque trois des cinq candidats en lice revendiquent leurs liens avec l’Empire State. Pour comprendre les enjeux de ce scrutin, 20 Minutes a tenté de reconstituer le Monopoly new-yorkais de Hillary Clinton, Bernie Sanders et Donald Trump.

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  • Bernie Sanders, l’enfant de Brooklyn et l’ennemi de Wall Street

Une pancarte d'un supporter de Bernie Sanders à New York.
Une pancarte d'un supporter de Bernie Sanders à New York. - Ivan Flores /SIPA

Bien qu’il ait construit sa carrière politique dans l’Etat du Vermont, Bernie Sanders a mis en avant ses origines new-yorkaises pendant cette campagne. Il a multiplié les meetings dans tout l’Etat. Dimanche soir, 28.000 personnes (selon son équipe) sont venues à son meeting organisé à Brooklyn, quartier natal du sénateur de 74 ans.

Autre lieu hautement symbolique dans la campagne de Bernie Sanders : Wall Street, qui incarne la toute-puissance du monde de la finance et du capitalisme fustigés par le candidat qui se proclame socialiste.

Il y a néanmoins un bémol. La primaire démocrate de l’Etat de New York est fermée : seuls les électeurs inscrits sur les listes du parti peuvent voter. Cela prive Bernie Sanders des voix des indépendants, un électorat auprès duquel il est populaire. En outre, « l’engouement pour Bernie Sanders touche plus l’électorat de la ville de New York que le reste de l’Etat », souligne l’historienne des Etats-Unis Nicole Bacharan.

  • Hillary Clinton, populaire dans l’ensemble de l’Etat

Hillary Clinton lors d'un meeting à Harlem, à New York, le 30 mars 2016.
Hillary Clinton lors d'un meeting à Harlem, à New York, le 30 mars 2016. - Mary Altaffer/AP/SIPA

 

Hillary Clinton a elle aussi enchaîné les meetings ces derniers jours, à Harlem, dans le Bronx, le Queens, à Brooklyn et Manhattan. Si elle n’est pas native de l’Etat de New York mais de celui de l’Illinois, son passé de sénatrice de New York (de 2001 à 2009), lui a permis de construire de solides liens locaux qui lui avaient permis de remporter, de loin, la primaire démocrate face à Barack Obama en 2008 (avec un écart de 17 points). Elle bénéficie également du soutien du gouverneur Andrew Cuomo, du maire Bill de Blasio et de nombreux élus locaux.

En outre, « Hillary Clinton peut compter sur le vote des minorités Afro-Américaines et Latinos », observe Nicole Bacharan. L’ensemble des minorités constituaient environ 45 % de la population de l’Etat selon un recensement de 2010.

  • Donald Trump, en terrain conquis, sauf à Wall Street (lui aussi)

La Trump Tower à Mnhattan, le 16 mars 2016.
La Trump Tower à Mnhattan, le 16 mars 2016. - Mark Lennihan/AP/SIPA

Le milliardaire, qui peut compter sur le soutien de l’ancien maire Rudy Giuliani, a grandi dans un quartier cossu du Queens et a bâti son empire à Big Apple, où la Trump Tower est un gratte-ciel emblématique de Manhattan. Mais à Wall Street, cœur de la finance américaine, le candidat à la mèche ne séduit guère. « Il est imprévisible sur de nombreux sujets et change souvent d’opinion. Cela crée une incertitude généralisée, et les marchés détestent l’incertitude », explique Grégory Daco, chef économiste au sein du cabinet Oxford Economics, à Libération.

  • Les primaires new-yorkaises, un vote crucial (surtout côté démocrate)

Les trois candidats n’ont pas boudé leurs efforts dans la campagne new-yorkaise, à la hauteur des enjeux de cette primaire. Côté démocrate, l’ex Première Dame « ne peut pas se contenter d’une petite victoire à New York, après sept défaites de suite face à Sanders », estime Nicole Bacharan. Quant à Bernie Sanders, s’il perd la primaire face à Hillary Clinton, son retard pourrait devenir difficile à rattraper.

Dans le camp républicain, il n’y a pas vraiment de match à New York. Les sondages donnent Donald Trump largement en tête devant ses rivaux Ted Cruz et John Kasich. Mais son investiture est loin d’être acquise selon Nicole Bacharan, car il lui manque 494 délégués pour obtenir la majorité, et il pourrait ne pas échapper à la fronde lors d’une convention ouverte.

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