Primaires américaines: Sanders-Clinton et Trump-Cruz... Les enjeux de la bataille de New York

ETATS-UNIS Le scrutin de mardi devrait permettre à la course de se décanter un peu...

Philippe Berry

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Photomontage des candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz (haut) et des démocrates Hillary Clinton et Bernie Sanders (bas)
Photomontage des candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz (haut) et des démocrates Hillary Clinton et Bernie Sanders (bas) — PHOTOS AP/SIPA MONTAGE «20 MINUTES»

Vous reprendrez bien une dose de primaires ? Alors que la course est encore longue jusqu’à la mi-juin, la grande bataille de New York, ce mardi, pourrait constituer un tournant. Chez les démocrates, Hillary Clinton, favorite dans les sondages, a l’opportunité d’éteindre la révolution socialiste de Bernie Sanders. Chez les républicains, Donald Trump fait la course en tête à domicile, mais il va devoir gagner gros s’il veut conserver une chance de dépasser la majorité afin d’éviter une convention sanglante, à Cleveland, fin juillet.

Chez les démocrates, la dernière chance de Bernie Sanders

Sur le papier, Sanders semble être sur une bonne dynamique, avec une série de huit victoires sur les neuf derniers scrutins. Le problème, c’est qu’il gagne en général dans des Etats peu riches en délégués, et que quand il perd, notamment dans le Sud, il se fait massacrer. Surtout, Clinton peut compter sur environ 500 « super délégués », qui ne sont pas élus, ce qui lui permet d’avoir une avance confortable, à 1.758 délégués contre 1.076 à Sanders, selon le décompte d’AP.

Du coup, au niveau des maths, avec 291 délégués en jeu à New York, le plus gros pactole après la Californie, Clinton pourrait creuser un écart impossible à rattraper. Si elle s’impose avec 10 % d’avance – sa marge actuelle dans les sondages – elle devrait dépasser le barre des 1.900 délégués et se rapproche de la ligne d’arrivée (2.383 délégués).

Avec 44 millions de dollars récoltés en mars, Sanders a les moyens de continuer jusqu’au bout et de se rapprocher avec une victoire en Californie. Mais à moins que les super délégués ne lâchent Clinton, son retard deviendrait presque impossible à combler s’il s’incline avec un gros écart à New York.

Chez les républicains, Trump peut continuer d’y croire

Dans son jardin new-yorkais, Trump écrase ses adversaires et dépasse les 50 % d’intentions de vote. Son problème, c’est que New York attribue ses délégués principalement au niveau de chaque district. Du coup, si Cruz et Kasich arrivent à limiter la casse dans certaines régions, ils pourraient ne pas repartir bredouille.

Avec ses défaites récentes (Wisconsin, Colorado, Wyoming), Trump a besoin de gagner gros alors qu’il ne reste plus qu’un tiers des délégués à attribuer. Avec 744 délégués, le milliardaire a besoin de gagner 62 % du reste pour atteindre la majorité (1.237). Avec les différentes règles qui favorisent le vainqueur, c’est possible mais il n’a plus le droit à l’erreur. La mission de Cruz est compliquée (il a besoin de 85 % des délégués restants) et celle de John Kasich impossible (150 % du reste). Mais les deux candidats espèrent empêcher Trump d’atteindre la majorité pour tenter de le renverser lors d’une convention ouverte. Pour l’instant, le suspense reste donc total.