Les ex-rebelles jouent la chaise vide

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Le processus de paix déraille en Côte d’Ivoire. Les ex-rebelles ivoiriens ont annoncé hier qu’ils suspendaient toute participation aux activités du gouvernement pour protester contre l’enlisement des pourparlers avec le président Laurent Gbagbo. « Nous n’allons pas nous laisser attirer dans un processus factice qui n’avance pas du tout », a lancé hier à Bouaké, Guillaume Soro, leader de la branche politique des Forces nouvelles (ex-rébellion) et ministre de la Communication du gouvernement de réconciliation nationale. Ce gouvernement « n’a pas de pouvoir avec un Premier ministre [Seydou Diarra, ndlr] qui est comme un commandeur et les ministres des faire-valoir », a-t-il ajouté, accusant « Gbagbo de dévoyer et de rendre caducs » les accords de Marcoussis, signés en janvier. Les Forces nouvelles ne quittent pas pour autant le gouvernement mais boycottent, jusqu’à nouvel ordre, le Conseil des ministres et les instances chargées du désarmement et de l’administration dans les zones qu’ils occupent depuis septembre 2002. « La reprise de la guerre n’est plus une utopie », a menacé Soro. Cette nouvelle crise serait davantage le résultat des tensions qui règnent au sein des Forces nouvelles – entre partisans de la négociation et va-t-en-guerre – qu’un désaveu des accords de Marcoussis. C’est « une réaction épidermique qui peut partir aussi rapidement qu’elle est venue », a déclaré à l’AFP un haut responsable de l’ex-rébellion. Selon un observateur, Soro et les ex-rebelles cherchent surtout à susciter une réaction des partis politiques ivoiriens signataires de Marcoussis et du comité international de suivi pour faire pression sur Gbagbo.