Visas refusés à des journalistes: Valls affirme sa priorité à la «relation stratégique» avec l'Algérie

ALGERIE La France cherche, à l'occasion de cette visite, à poursuivre l'embellie que connaissent ses relations avec son ex-colonie depuis 2012...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal accueille Manuel Valls à son arrivée à Alger, le 9 avril 2016.
Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal accueille Manuel Valls à son arrivée à Alger, le 9 avril 2016. — Eric FEFERBERG / AFP

Il assure n'avoir à aucun moment envisagé d'annuler sa visite. Manuel Valls a dit samedi soir sa priorité donnée à «la relation stratégique» entre la France et l'Algérie, dont «rien ne doit nous faire dévier», malgré l'affaire des visas refusés à deux journalistes français qui devaient couvrir son voyage officiel à Alger.

«Moi je me suis exprimé, j'aurais l'occasion si vous m'interrogez de le redire, de regretter» le refus de visas par les autorités algériennes à deux journalistes du journal Le Monde et de la chaîne Canal+, a-t-il dit lors d'une rencontre en aparté avec la presse après un dîner autour du Premier ministre algérien. «Mais ce qui compte pour moi c'est cette vision stratégique que nous avons, qui est indispensable au vu des difficultés et des défis que nos pays connaissent», a-t-il plaidé.

«Aucun principe n'est sacrifié»

Avant de s'envoler pour Alger, Manuel Valls avait exprimé sur Twitter ses «profonds regrets» concernant la décision algérienne, affirmant qu'il aborderait le sujet avec l'exécutif algérien «dans l'amitié et la franchise».

«L'amitié va de pair avec la franchise et le fait de se dire les choses très directement, mais aussi à se comprendre les uns et les autres», a-t-il nuancé samedi soir. «Et je pense que rien ne doit nous faire dévier de cette alliance stratégique. C'est ça qui compte», a-t-il insisté. Pour le Premier ministre français, «aucun principe n'est sacrifié» par cette position, «aucun».

Fait rarissime: les radios publiques France Culture et France Inter, ainsi que les quotidiens Libération et Le Figaro ne couvriront pas la visite officielle. La chaîne de télévision France 2 a également décidé de ne pas envoyer de rédacteur pour s'associer à la protestation, mais dépêchera un journaliste reporter d'images pour assurer le «pool», c'est-à-dire faire des images que pourront utiliser d'autres chaînes. «C'est une responsabilité collective par rapport à tous les médias», a expliqué à l'AFP Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. De même, TF1 n'enverra pas d'«équipe spécifique».

Accords économiques en vue

Les radios Europe 1 et RTL, tout comme l'AFP et Reuters, couvriront la visite. «Nous comprenons et respectons le mouvement de solidarité avec nos confrères privés de visa. Mais l'AFP se doit d'informer dans le monde entier par respect pour ses clients français et étrangers. C'est sa mission», a expliqué la directrice de l'information de l'AFP, Michèle Léridon.

Cette poussée de fièvre diplomatico-médiatique intervient alors que la relation bilatérale, souvent tumultueuse, traverse une phase d'apaisement depuis l'arrivée de François Hollande à l'Élysée. L'affaire pourrait faire passer au deuxième plan des accords économiques que Paris espère voir finalisés, dont un pour l'implantation d'une usine PSA à Oran, la deuxième ville d'Algérie, afin de desservir le marché automobile local.