Visas refusés à des journalistes: Manuel Valls exprime de «profonds regrets» et promet d’aborder le sujet à Alger

DIPLOMATIE Le refus d’Alger d’accorder des visas à plusieurs journalistes censés couvrir le déplacement du Premier ministre ce week-end tourne au couac diplomatique…

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls le 21 mars 2016.
Manuel Valls le 21 mars 2016. — Lewis Joly/SIPA

Une mesure de rétorsion qui passe mal. Manuel Valls a exprimé ce samedi sur Twitter ses « profonds regrets » après le refus d’Alger d’accorder des visas par mesure de rétorsion à des journalistes du Monde et de Canal +, qui devaient suivre sa visite officielle en Algérie.

Boycott solidaire

Fait rarissime : les radios publiques France Culture et France Inter, ainsi que les quotidiens Libération et Le Figaro , ont annoncé vendredi soir qu’ils ne couvriraient pas la visite du Premier ministre français et d’une dizaine de ses ministres auprès de l’exécutif algérien pour un « comité de haut niveau » qui dure jusqu’à dimanche soir.

Les quatre rédactions protestent contre la décision des autorités algériennes de ne pas accréditer un journaliste du Monde, pour sa couverture de l’affaire des « Panama Papers » et une équipe du « Petit Journal », l’émission satirique de Canal + qui ironise régulièrement sur l’état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Ces refus de visas sont tout aussi rarissimes dans le cadre de voyages officiels.

Le quotidien Le Monde a publié le 5 avril en Une une photo du président Abdelaziz Bouteflika parmi les dirigeants mis en cause, avant de se raviser en précisant que le nom du chef de l’Etat algérien « n’apparaît pas dans les Panama Papers ».

Manuel Valls, a fait savoir Matignon, avait téléphoné en milieu de semaine à son homologue algérien Abdelmalek Sellal pour tenter d’obtenir la levée de la sanction, mais sans succès