«Panama Papers»: Sous pression ou tranquilles, comment réagissent les dirigeants visés

MONDE Des chefs d’Etat ou de gouvernement en responsabilité, apparus dans les « Panama Papers », réagissent très différemment aux révélations…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le Premier ministre britannique David Cameron, le 23 mars 2016 à Londres.
Le Premier ministre britannique David Cameron, le 23 mars 2016 à Londres. — Frank Augstein/AP/SIPA

Depuis plusieurs jours, nombre de très hauts dirigeants politiques ont des sueurs froides à cause du scandale des « Panama papers ». Celui-ci a révélé qu’une douzaine de chefs d’Etat ou de gouvernement ont, ou ont eu, des avoirs dans des paradis fiscaux. La réaction des dirigeants en poste est cependant très différente d’un pays à l’autre….

Le roi d'Arabie saoudite Salmane Al-Saoud, le 13 octobre 2015 à Ryad

 

Pas de réaction de la part du roi d’Arabie saoudite, Salmane Al-Saoud

Calme plat en Arabie saoudite après la révélation que le roi Salmane Al-Saoud a utilisé une société des îles Vierges britanniques pour contracter des prêts immobiliers pour l’achat de résidences de luxe à Londres, et à détenir un yacht. Ce vendredi, les quotidiens saoudiens titrent tous sur l’accord entre Ryad et Le Caire pour construire un pont sur la mer Rouge reliant les deux pays.

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Le président argentin Mauricio Macri, le 7 avril 2016 à Buenos Aires en Argentine.

 

Le président argentin Mauricio Macri dans la tourmente

La pression monte contre le président argentin Mauricio Macri, dont l’image a soudainement été altérée par les « Panama Papers ». Un procureur a demandé jeudi l’ouverture d’une enquête de l’administration fiscale visant le président et un juge doit désormais décider s’il donne son feu vert à la procédure judiciaire. Mercredi, un député argentin de l’opposition a porté plainte pour évasion fiscale contre le président. Dès la révélation des « Panama Papers », Mauricio Macri a réagi en disant qu’il était innocent et n’avait eu aucune participation dans ces entreprises, raison pour laquelle il ne les avait pas mentionnées dans sa déclaration de patrimoine.

Sigmundur David Gunnlaugsson, Premier ministre d'Islande, le 19 juin 2013 à Stockholm en Suède.

 

Démission du premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson

Dos au mur, le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson a démissionné au surlendemain des révélations sur sa société offshore créée en 2007 dans les îles Vierges britanniques avec son épouse, pour y placer des millions de dollars. Lundi soir, des milliers d’Islandais s’étaient réunis dans les rues de la capitale Reykjavik pour exiger sa démission.

Le président des Emirats arabes unis, Sheikh Khalifa bin Zayed al-Nahayan le 1er mai 2013 à Londres.

 

Calme plat pour le président des Emirats arabes unis Khalifa ben Zayed Al Nahyane

Aux Emirats arabes unis, la révélation que Khalifa ben Zayed Al Nahyane a eu recours à des sociétés basées aux îles Vierges britanniques pour acquérir des biens immobiliers de luxe ne soulève pas de vagues. Le président des Émirats arabes unis posséderait un empire immobilier représentant 1,5 milliard d’euros à Londres, via des sociétés offshore, souligne le Guardian mercredi.

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Le président Petro Porochenko à l'Elysée le 2 octobre 2015.

 

Le président de l’Ukraine Petro Porochenko bousculé

Petro Porochenko a ouvert en août 2014, pendant le conflit avec les séparatistes prorusses, une société offshore aux Iles Vierges britanniques. L’émotion est importante parmi les Ukrainiens, et des députés ont annoncé lundi vouloir lancer une procédure de destitution à l’encontre du président. En déplacement à l’étranger, Petro Porochenko a quant à lui nié toute fraude fiscale.

David Cameron après le sommet européen à Bruxelles, le 19 février 2016.

 

Le Premier ministre britannique David Cameron en chute libre

A Londres, après plusieurs jours de pressions, le chef du gouvernement David Cameron a reconnu jeudi soir avoir détenu jusqu’en 2010 des parts dans le fonds de son père immatriculé aux Bahamas. David Cameron est attaqué depuis que l’on a appris que son père Ian Cameron, mort en 2010, avait dirigé ce fonds. La cote de popularité du Premier ministre britannique est à son plus bas niveau depuis trois ans après les révélations, selon un sondage YouGov ce vendredi. Affaibli, David Cameron évacue cependant toute démission.

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