Un député antisyrien tué au Liban

A Beyrouth, David Hury - ©2007 20 minutes

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Une violente détonation a secoué la banlieue chrétienne de Beyrouth hier en fin d'après-midi. Du 4 x 4 Chevrolet noir visé, les habitants de Sin El Fil n'ont retrouvé que la plaque d'immatriculation bleue, celle des parlementaires. En dix minutes des noms de députés circulent, tous membres de la majorité dite « antisyrienne », en plein bras de fer avec l'opposition menée par le Hezbollah chiite et le mouvement du général Michel Aoun. La plaque rend son verdict : elle porte le numéro de la voiture d'Antoine Ghanem, 64 ans, avocat et membre du parti Kataëb de l'ancien président Amine Gemayel. Le chaos est total, les vitres des façades alentours ont volé en éclat. Au moins six personnes ont péri dans l'attentat, et 56 autres ont été blessées.

La disparition de Ghanem intervient après celles des députés Pierre Gemayel le 21 novembre 2006 et Walid Eido le 13 juin dernier. A chaque assassinat, le décompte macabre se poursuit. Le Parlement libanais compte 128 députés et la majorité du Premier ministre Fouad Siniora ne tient plus qu'à un fil : le siège de Ghanem vacant, elle perdrait sa majorité si deux autres députés venaient à disparaître. Le président prosyrien Emile Lahoud peut en effet s'opposer à la tenue de législatives partielles visant à remplacer les députés tués.

« Les victimes de ces attaques étaient une nouvelle fois ceux qui se sont opposés à l'ingérence de la Syrie dans les affaires libanaises », a réagi le département d'Etat américain, hier soir.

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