Une gigantesque fuite de données personnelles expose deux Turcs sur trois

PIRATAGE Les informations piratées contiendraient le numéro d’identification national, le sexe, les noms des parents, la date et le lieu de naissance de millions de Turcs…

20 Minutes avec AFP

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Illustration: sécurité informatique, piratage.
Illustration: sécurité informatique, piratage. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Les données personnelles de 50 millions de Turcs sont en danger. Une base de données, qui n’a pas été authentifiée, a été mise en ligne par des pirates informatiques en début de semaine, et révèle les failles de la sécurité des réseaux informatiques.

Ses informations contiendraient entre autres le numéro d’identification national, le sexe, les noms des parents, la date et le lieu de naissance, ainsi que l’adresse des personnes concernées. Une affaire prise « très au sérieux » par Ankara.

Près de deux tiers des Turcs exposés

L’information judiciaire ouverte par le parquet d’Ankara mercredi entend déterminer les circonstances de cette fuite, qui expose près des deux tiers des 78 millions de Turcs à toute une série de fraudes, selon l’agence de presse progouvernementale Anatolie.

Cité par le quotidien Hürriyet, le ministre des Transports et des Communications Binali Yildirim a par ailleurs affirmé qu’il s’agissait d'« informations personnelles qui ont été obtenues en 2010 et qui sont aujourd’hui présentées comme des informations obtenues [à partir] du Mernis », l’Office turc de la population.

L’ennemi juré d’Erdogan derrière cette fuite ?

Selon le ministre, ces informations correspondent à celles que le Haut-conseil électoral (YSK) a l’obligation de communiquer aux partis politiques avant chaque élection depuis 2009.

Binali Yildirim a accusé la « structure parallèle », nom donné par les autorités au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié devenu ennemi juré du président Erdogan, d’être derrière cette « opération », sans autre détail.

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L’opération revendiquée

Bekir Bozdag, ministre de la Justice, a pointé du doigt le caractère politique de cette fuite. « Cinquante millions [de personnes], cela correspond au nombre d’électeurs en Turquie », a-t-il noté.

Une déclaration anonyme publiée sur le site Internet d’un groupe islandais spécialisé dans la publication de fuites a revendiqué l’opération, assortie de commentaires peu amènes pour le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara.

« Qui aurait imaginé que des idéologies rétrogrades, le népotisme et un extrémisme religieux croissant mèneraient à une infrastructure technique vulnérable et qui part en miettes ? », pouvait-on y lire à côté d’un profil du président Recep Tayyip Erdogan.

« C’est un piège »

Pour authentifier leur forfait, les pirates ont publié les fiches personnelles de Recep Erdogan, de son prédécesseur Abdullah Gül et du Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Les autorités turques ont recommandé aux internautes inquiets de ne pas se plonger dans la base de données pour vérifier s’ils étaient concernés par la fuite. « N’y allez pas, c’est un piège, a mis en garde Binali Yildirim. Ils veulent vous soutirer plus d’informations personnelles. »

En visite de travail en Finlande, Ahmet Davutoglu a assuré que son gouvernement prenait l’affaire « très au sérieux » et qu’il adopterait toutes les mesures nécessaires pour protéger les données personnelles de ses concitoyens.

Il a également minimisé l’importance de la fuite. « Je vois que mon adresse personnelle a été dévoilée. Il suffisait de me la demander », a-t-il plaisanté.