Air France: «Un dispositif d'exception» proposé aux hôtesses refusant de se voiler en Iran

AVIATION Les hôtesses pourront ainsi refuser de faire partie du personnel navigant sur ces vols, sans conséquence sur leur salaire ou leur planning…

20 Minutes avec AFP

— 

Une hôtesse d'Air France (illustration).
Une hôtesse d'Air France (illustration). — SERGIENKO MAXIM/SIPA

Air France a finalement trouvé une solution. Les hôtesses de la compagnie aérienne française ne seront pas obligées de se rendre en Iran et de se voiler à la descente de l’avion.

« Un dispositif d’exception » va être instauré pour remplacer les hôtesses et femmes pilotes qui ne voudront pas effectuer la liaison Paris-Téhéran, a indiqué ce lundi Gilles Gateau, DRH de la compagnie aérienne.

>> A lire aussi : Pourquoi l’escale de Téhéran pose problème aux hôtesses d’Air France?

Une réunion avec les syndicats

La direction d’Air France doit rencontrer les syndicats lundi après-midi pour « leur présenter le dispositif d’exception que nous allons mettre en place, qui permettra que toute femme qui serait affectée sur le vol Paris-Téhéran et qui, pour des raisons de choix personnels, refuserait de porter le foulard à la sortie de l’avion, serait réaffectée sur un autre vol, sur une autre destination, donc ne serait pas dans l’obligation de faire ce vol sur Téhéran », a déclaré Gilles Gateau sur Europe1.

Air France va rouvrir à partir du 17 avril la liaison Paris-Téhéran, suspendue depuis 2008 à la suite de sanctions internationales contre l’Iran.

Les équipages tenus de respecter la loi du pays

En interne, une polémique est apparue après l’envoi d’un mémo de la direction « où on nous demande de mettre un pantalon, une veste longue et surtout d’utiliser le foulard de notre uniforme en le portant en voile à l’arrivée à Téhéran », a expliqué Caroline Rolland, déléguée CGT (non représentatif chez les navigants).

« Ce n’est pas Air France qui décide en cette matière », a justifié Gilles Gateau, rappelant que les « équipages sont évidemment tenus de respecter la loi du pays dans lequel ils se trouvent ».

Les syndicats pour la mise en place du « volontariat »

« Ca fait des semaines qu’on les alerte, mais il a fallu le battage médiatique pour que ça bouge », a affirmé Flore Arrighi, présidente de l’Union des navigants de l’aviation civile (Unac) d’Air France.

Le syndicat réclame la mise en place du « volontariat » (avec une liste de non-volontaires), c’est-à-dire la possibilité pour les personnels de « refuser cette mission sans conséquence sur leur planning, leur rémunération ou dans leurs dossiers professionnels », explique-t-elle. D’après l’Unac, c’est « une procédure que l’entreprise connaît bien » pour l’avoir mise en place à Conakry à l’époque du risque Ebola, ou à Tokyo après l’accident nucléaire de Fukushima.