VIDEO. «Panama papers»: Rois, présidents... Qui sont les dirigeants étrangers utilisant des sociétés offshore?

ENQUETE Douze chefs d’Etat ou de gouvernement et 128 dirigeants politiques et hauts fonctionnaires sont cités par l’enquête sur les «Panama Papers»…

Anne-Laëtitia Béraud

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Illustration de dollars et d'euros.
Illustration de dollars et d'euros. — GILE MICHEL/SIPA

Une enquête internationale coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a révélé, dimanche, des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan. Celles-ci ont fait enregistrer des sociétés offshore dans un paradis fiscal, et le soupçon de fraude fiscale est important. L’enquête porte sur environ 11,5 millions de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca entre 1977 et 2015, regroupés sous la dénomination « Panama papers ». 20 Minutes vous dresse la liste des dirigeants étrangers et leurs proches ayant recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.

Douze chefs d’Etat ou de gouvernement

Douze chefs d’Etat et de gouvernement, dont six en activité apparaissent dans ces documents. Il s’agit, selon Le Monde, du roi d’Arabie Saoudite Salman Al-Saoud, du président des Emirats arabes unis Khalifa Bin Zayed, du président ukrainien milliardaire Petro Porochenko, ou encore du président argentin Mauricio Macri.

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Sigmundur David Gunnlaugsson, Premier ministre d'Islande, le 19 juin 2013 à Stockholm en Suède.

 

Le premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson est soupçonné d’avoir dissimulé avec son épouse des millions de dollars aux Iles vierges britanniques. Deux des principaux membres de son gouvernement et le chef de son parti ont eu également des liens avec des sociétés dans des paradis fiscaux sans l’avoir déclaré publiquement, continue le quotidien.

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Sont également cités par l’enquête de l’ICIJ Bidzina Ivanishvili, ancien premier ministre géorgien, Ayad Allawi, ancien vice-président irakien, Ali Abu al-Ragheb, ancien premier ministre jordanien ; mais aussi l’ancien Premier ministre et l’ancien émir du Qatar Hamad bin Jassim bin Jaber Al Thani et Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, l’ancien président soudanais Ahmad Ali al-Mirghani, l’ancien Premier ministre ukrainien Pavlo Lazarenko.

Une soixantaine de proches du pouvoir

Toujours selon cette enquête internationale, une soixantaine de personnalités proches de dirigeants est impliquée. Il s’agit notamment de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi du Maroc Mohammed VI, ou Daniel Muñoz, ancien conseiller et confident des anciens présidents argentins Néstor puis Cristina Kirchner.

 

Les familles ou les amis d’enfance de plusieurs dirigeants apparaissent aussi. Figurent notamment Rami et Hafez Makhlouf, cousins du dictateur syrien Bachar Al-Assad, le clan du président d’Azerbaïdjan Ilham Aliyev, ou encore les enfants du premier ministre pakistanais Nawaz Sharif.

Les frères milliardaires Arkadi et Boris Rotenberg, des amis d’enfance du président russe Vladimir Poutine, ont eux aussi ouvert des sociétés offshore. Des associés du président russe auraient par ailleurs détourné jusqu’à deux milliards de dollars avec l’aide de banques et de sociétés écran, selon l’ICIJ.

Des familles des dirigeants citées

Des proches detrès hauts dirigeants chinois, dont le président Xi Jinping, ont aussi possédé dans des paradis fiscaux des sociétés écrans propres à dissimuler leur fortune. Au moins huit membres, anciens ou actuels, du tout-puissant comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois figurent parmi les responsables politiques identifiés dans cette enquête.

La femme d'affaires chinoise Li Xiaolin, le 4 mars 2011 à Pékin.

 

Li Xiaolin, la fille de l’ancien Premier ministre chinois Li Peng, apparaît dans ces documents.

Figurent aussi Alaa Moubarak, le fils aîné du président égyptien déchu Hosni Moubarak, la veuve de Lansana Conté, l’ancien dictateur et président guinéen, ou encore la famille du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, dont trois de ses quatre enfants.

En Europe, le nom du père (décédé) du Premier ministre britannique David Cameron, l’épouse du commissaire européen au climat Micaela Domecq Solis Beaumont ou la sœur de l’ancien roi d’Espagne Pilar de Borbon font partie des noms cités dans cette vaste enquête journalistique.