Turquie: Au moins sept policiers tués dans un attentat à la voiture piégée à Diyarbakir

MONDE Le président turc a condamné cette attaque, appelant notamment les Européens à soutenir la campagne de son gouvernement contre les séparatistes kurdes...

20 Minutes avec AFP
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Des membres des forces spéciales turques sur les lieux de l'attentat à la voiture piégée perpétré le 31 mars 2016 à Diyarbakir.
Des membres des forces spéciales turques sur les lieux de l'attentat à la voiture piégée perpétré le 31 mars 2016 à Diyarbakir. — ILYAS AKENGIN / AFP

A la veille d’une visite du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, un attentat à la voiture piégé a coûté la vie à sept policiers et fait 23 blessés à Diyarbakir, la plus grande ville du sud-est de la  Turquie, à majorité kurde, a-t-on indiqué de source de sécurité locale.

De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur les lieux.

Une violente explosion

Au passage d’un car près d’une gare routière, située à plusieurs kilomètres du centre-ville, une violente explosion a eu lieu, rapporte cette même source. D’après les autorités locales, c’est un véhicule bourré d’explosifs télécommandé à distance qui a explosé.

Vendredi, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a prévu de rencontrer les habitants de Diyarbakir et d’évaluer sur place les dégâts occasionnés par les combats. Une visite assez rare pour le chef du gouvernement turc.

Erdogan appelle l’Europe à soutenir son action contre les kurdes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné cette attaque, appelant notamment les Européens à soutenir la campagne de son gouvernement contre les séparatistes kurdes, qui a lancé un « soulèvement » dans plusieurs zones urbaines et revendiqué plusieurs attentats sur le sol turc.

« Nous avons malheureusement sept membres des forces de sécurité qui ont perdu la vie et nous avons quatorze blessés », a déclaré Recep Erdogan, lors d’un discours devant l’institution Brookings, en marge du sommet sur le nucléaire à Washington.

Le précédent bilan des autorités turques faisait état de six morts et 23 blessés, dont au moins huit policiers.

« Nous ne pouvons plus tolérer ça. Les pays européens et les autres pays, j’espère peuvent voir le véritable visage derrière ces attentats », a-t-il ajouté, en désignant indirectement les rebelles kurdes.

La Turquie en état d’alerte

Les forces de sécurité turques mènent depuis plusieurs mois des opérations d’envergure contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans plusieurs quartiers de cette ville et dans le sud-est anatolien en général, où le PKK a lancé un « soulèvement » dans les zones urbaines.

La Turquie vit en état d’alerte renforcée en raison d’une série inédite d’attaques depuis l’été dernier, attribuées aux djihadistes ou liées à la reprise du conflit kurde. La dernière en date, un attentat suicide attribué par les autorités turques au l’organisation Etat islamique, a frappé le cœur d’Istanbul le 19 mars sur l’avenue commerçante Istiklal, tuant quatre touristes étrangers et blessant une trentaine de personnes.

L’attentat de l’avenue Istiklal est intervenu six jours après celui à la voiture piégée dans le centre d’Ankara qui a tué 35 personnes et a été revendiqué par un groupe radical kurde proche du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

Le PKK promet « des combats partout »

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par bon nombre de pays dont l’Union européenne et les Etats-Unis, a lancé une lutte armée contre les forces d’Ankara en 1984. Le conflit a depuis fait plus de 40.000 morts, dont en grande majorité des rebelles.

Dans un entretien il y a deux semaines dans le Times britannique, le chef militaire du PKK Cemil Bayik avait confirmé la radicalisation de la rébellion, promettant « des combats partout ».