Nigeria: 500 femmes et enfants enlevés par Boko Haram dans une ville fin 2014

MONDE Les autorités ont ignoré les informations sur ce rapt massif...

M.C. avec AFP
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Des soldats tchadiens à Damasak, dans le nord-est du Nigeria, le 18 mars 2015.
Des soldats tchadiens à Damasak, dans le nord-est du Nigeria, le 18 mars 2015. — Jerome Delay/AP/SIPA

Le kidnapping est encore plus important que celui des 276 lycéennes de Chibok. Cinq cents femmes et enfants ont été enlevés fin 2014 par le groupe islamiste Boko Haram à Damasak, dans le nord-est du Nigeria, un rapt que les autorités ont voulu étouffer, ont affirmé mercredi des habitants de cette ville.

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Ces enlèvements se sont produits le 24 novembre 2014, selon un fonctionnaire local, un chef local, un ancien et un habitant de Damasak interrogés par l’Agence France Presse. Le gouvernement nigérian, sous la présidence de Goodluck Jonathan, avait démenti en mars 2015 les informations sur cet enlèvement massif, ainsi qu’un sénateur local et une source sécuritaire. Mais les témoignages des habitants confirment la teneur d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié mardi.

«Ils ont enlevé même des enfants de cinq ans»

« Nous avons gardé le silence sur cet enlèvement par peur de provoquer la colère du gouvernement, qui était déjà aux prises avec l’embarras provoqué par l’enlèvement des écolières de Chibok » en avril 2014, a affirmé un fonctionnaire local sous couvert d’anonymat. « Tous les parents avaient peur de parler », ajoute cet homme, dont l’enfant de 7 ans a été enlevé. Les hommes politiques alertés par les habitants ayant fui Damasak « n’ont rien dit et nous ont ignorés », insiste-t-il.

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A Damasak, les islamistes « sont allés dans les écoles privées et les écoles coraniques et ils ont enlevé même des enfants de cinq ans », a témoigné un chef local sous couvert d’anonymat. En fait, « trois cents enfants sont portés disparus depuis plus d’un an et le gouvernement nigérian n’a toujours pas réagi », dénonce HRW. « Les autorités doivent se réveiller et prendre des mesures pour les libérer ».

Tombée aux mains de Boko Haram, la ville a été libérée le 9 mars 2015 par des troupes tchadiennes et nigériennes, qui y avaient trouvé une centaine de corps dans une fosse commune sous un pont à la sortie de la ville. Certains des corps étaient décapités, d’autres criblés de balles. Des dizaines d’autres cadavres, incluant ceux de femmes et d’enfants, avaient été retrouvés le mois suivant dans des rues, des maisons et la rivière asséchée, selon des habitants de Damasak.