Libye: Tripoli sous extrême tension lors de la visite du chef du gouvernement

AFRIQUE Les observateurs craignent une escalade dans le conflit...

20 Minutes avec agences

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Une vue aérienne de la capitale libyenne Tripoli, le 25 février 2016
Une vue aérienne de la capitale libyenne Tripoli, le 25 février 2016 — MAHMUD TURKIA AFP

Le chef du gouvernement d’union nationale libyen soutenu par l’ONU est arrivé mercredi à Tripoli, mais les autorités non reconnues de la capitale l’ont aussitôt sommé de partir, un bras de fer qui fait craindre une escalade de la crise. Quelques heures après l’arrivée de Fayez al-Sarraj, dont le gouvernement est contesté par les deux autorités rivales de l’ouest et de l’est de la Libye, des tirs intermittents dont on ignorait l’origine ont été entendus dans la soirée dans la capitale.

Les artères principales ont été bloquées par des membres de groupes armés, certains en uniforme et d’autres en civil munis de kalachnikovs, arrivés à bord de véhicules militaires. Pris de panique, les habitants sont vite rentrés chez eux et les commerces et les cafés ont baissé leurs rideaux.

Des hommes armés prennent le contrôle d’une télévision

Deux compagnies aériennes libyennes, Afriquiyah Airlines et Libyan Airlines, ont annoncé sur Facebook qu’elles avaient supprimé leurs vols vers Tripoli pour « des problèmes de sécurité ».

Dans la soirée, un groupe armé est entré de force au siège d’al-Nabaa, une chaîne satellitaire libyenne proche des autorités qui contrôlent Tripoli, expulsant les employés après avoir suspendu la retransmission, selon deux journalistes de cette chane.

Selon l’un des deux journalistes d’al-Nabaa, les hommes armés qui ont pris le contrôle de la chaîne « semblent être favorables au gouvernement de Sarraj ». La venue du chef du gouvernement fait craindre aux habitants de Tripoli des affrontements entre partisans des autorités non reconnues internationalement installées par la coalition de milices de Fajr Libya et partisans du gouvernement d’union soutenu par l’ONU.

Ce dernier est rejeté aussi bien par le cabinet et le Parlement de Fajr Libya à Tripoli que par ceux installés dans l’Est, même si certains de leurs membres lui ont apporté leur soutien. « Ceux qui sont entrés illégalement et clandestinement doivent se rendre ou revenir sur leurs pas », sinon ils devront « assumer les conséquences légales », a déclaré dans une allocution télévisée Khalifa el-Ghwell, chef du gouvernement non reconnu, en dénonçant comme « illégal » le gouvernement de Sarraj.