Un Français suspecté de préparer un attentat arrêté aux Pays-Bas

TERRORISME Trois autres suspects ont également été arrêtés à Rotterdam...

20 Minutes avec AFP

— 

La police militaire hollandaise monte la garde lors d'une patrouille à La Haye, le 23 mars 2016
La police militaire hollandaise monte la garde lors d'une patrouille à La Haye, le 23 mars 2016 — Bart Maat ANP

L'enquête sur le projet d'attentat déjoué jeudi en France révèle des connexions européennes: après deux hommes inculpés en Belgique, un Français de 32 ans a été interpellé dimanche aux Pays-Bas, tous trois soupçonnés d'avoir été en lien avec le principal suspect, Reda Kriket.

>> A lire aussi : Qui est Reda K. soupçonné d'être «impliqué à haut niveau» dans le projet d'attentat déjoué en France?

Anis B., né à Montreuil et domicilié dans le Val-de-Marne, a été interpellé à Rotterdam. Cet homme, qui a séjourné en Syrie, est soupçonné d'avoir été mandaté par Daesh pour commettre un attentat en France avec Reda Kriket, a indiqué une source policière.  «Il a été arrêté à la suite d'un mandat d'arrêt européen délivré vendredi par les juges d'instruction français», selon une source judiciaire. Il sera livré à la France «sous peu» pour y être entendu, a indiqué de son côté le parquet néerlandais.

Trois autres suspects arrêtés à Rotterdam

Trois autres suspects, dont deux hommes de 43 et 47 ans d'origine algérienne, ont également été interpellés dimanche à Rotterdam où ont eu lieu plusieurs perquisitions. L'enquête s'est aussi rapidement orientée vers la Belgique.

>> A lire aussi : Un second suspect inculpé en Belgique

Deux hommes, Abderamane A. et Rabah N., arrêtés vendredi dans le centre de Bruxelles, ont été inculpés pour «participation aux activités d'un groupe terroriste» et placés en détention provisoire. Né en 1977 en Algérie, Abderamane A., dont l'inculpation a été annoncée dimanche, est connu des services antiterroristes.

Considéré comme «un volontaire djihadiste», il a été condamné en 2005 à sept ans de prison et à une interdiction définitive du territoire français, accusé d'avoir aidé deux militants tunisiens à assassiner le commandant Massoud en Afghanistan en 2001, deux jours avant les attentats meurtriers du réseau Al-Qaïda aux Etats-Unis.

Des relations établies avec les attentats de Paris et Bruxelles

Si cette affaire est distincte de l'enquête sur les attentats de Paris et Bruxelles, des relations ont toutefois pu être établies. Kriket avait été condamné par contumace l'an dernier en Belgique dans le procès d'une filière djihadiste vers la Syrie, dont l'un des principaux prévenus n'était autre que le Belge Abdelhamid Abaaoud, figure des djihadistes francophones de Daesh et un des organisateurs présumés des attentats parisiens.

Cette filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, le «plus grand recruteur de candidats au djihad» en Belgique, d'après les autorités belges. Kriket est toujours en garde à vue en France. Celle-ci peut durer jusqu'à lundi, voire mercredi en cas de menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

Dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, soulignant de nouveau le «contexte de menace très élevée» en France, s'est félicité dans un communiqué de «la coopération» avec les partenaires européens dans cette enquête.