Attentats à Bruxelles: L'identification des victimes, un long chemin de croix pour les familles et les équipes médicales

TERRORISME Les équipes médicales et policières font tout leur possible pour révéler l’identité des victimes mais se heurtent à de nombreuses problématiques…

William Pereira

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Les Bruxellois se sont retrouvés place de la Bourse pour rendre hommage aux victimes.
Les Bruxellois se sont retrouvés place de la Bourse pour rendre hommage aux victimes. — F.FLOUX/20MINUTES

Deux jours après les attaques terroristes de Bruxelles contre l’aéroport international de Zaventem et la station de métro Maelbeek, le bilan humain n’est toujours pas définitif. Les autorités belges font pour le moment état de 31 morts et 300 blessés. Parmi ces derniers, on compte onze Français. Quatre d’entre eux sont gravement atteints. Outre les Belges et les Français, des Américains, des Allemands, des Portugais, des Roumains, des Hongrois, des Britanniques et des Espagnols ont été plus ou moins gravement touchés.

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Le travail d’identification compliqué par la violence de l’explosion

Malgré le travail intensif des autorités belges, celles-ci éprouvent de grandes difficultés à identifier les corps. Une difficulté proportionnelle à la force des explosions qui ont frappé la capitale belge, d’après le porte-parole de la police fédérale belge, Michaël Jonniaux. « Il s’agit d’explosions particulièrement violentes », a-t-il expliqué au micro de la RTBF. La présence de nombreuses victimes étrangères complique également la tâche des équipes sur place sur le plan administratif. Michaël Jonniaux explique également que les autorités se doivent d’être le plus efficace possible tout en essayant de donner des réponses rapides aux familles qui sont dans l’angoisse et qui « avaient le droit de rendre le plus vite possible hommage à leurs proches ».

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Les familles mènent leur propre enquête

L’équipe du DVI (Disaster Victims Identification) travaille de concert avec les familles des victimes dans l’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek afin d’essayer d’identifier avec certitude les corps grâce à des informations données par les proches. Le docteur Van Houtte, directeur médical de l’hôpital, explique à la RTBF que dans certains cas, il est difficile de travailler avec les familles. « Beaucoup de personnes – et c’est tout à fait normal et humain – ont fait leurs propres investigations pour savoir évidemment où se trouvait leur proche et, ne voyant pas leur proche inscrit sur la liste des patients hospitalisés, en ont peut-être déduit que leur proche était décédé », ce qui décourage certaines familles de collaborer avec les autorités.

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Adelma Marina Tapia Ruiz, première victime identifiée

Pour les raisons évoquées précédemment, seules trois victimes (une quatrième est vaguement évoquée par les médias belges) ont été identifiées. Il s’agit d’Olivier Delespesse, Léopold Hecht – tous deux belges et décédés dans l’attaque de Maelbeek – ainsi qu’Adelma Marina Tapia Ruiz, une citoyenne belgo-péruvienne ayant succombé à l’attaque de l’aéroport international de Bruxelles. Cette dernière a été la première victime déclarée. Le ministère des Affaires étrangères péruvien a annoncé la triste nouvelle mercredi par la voie d’un communiqué. « Elle était accompagnée de son époux et de ses deux filles, dont l’une a été blessée », a par ailleurs précisé son frère à la presse, et se rendait aux Etats-Unis pour rendre visite à sa mère. Cela faisait six ans qu’Adelma habitait en Belgique. Elle était chef cuisinière et avait étudié le marketing dans le but d’ouvrir un restaurant péruvien à Bruxelles.