Le chef de Boko Haram serait bien en vie, mais affaibli

TERRORISME Aboubakar Shekau a déclaré, dans une vidéo en cours d'authentification, que sa fin était venue...

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran d'une vidéo du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, qui a  officialisé le 7 mars 2015 le rapprochement de son groupe  avec Daesh.
Capture d'écran d'une vidéo du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, qui a officialisé le 7 mars 2015 le rapprochement de son groupe avec Daesh. — AFP PHOTO / BOKO HARAM

Coupant court aux rumeurs sur sa mort, le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, est apparu ce jeudi dans une nouvelle vidéo. Toutefois, il y apparaît affaibli et semble annoncer que sa fin est proche.

« Pour moi, la fin est venue », a déclaré Aboubakar Shekau, le visage émacié, dans une vidéo de mauvaise qualité posté sur YouTube. On ignore encore où et quand les images ont été tournées. L’armée nigériane a indiqué qu’elle était « en cours d’authentification ».

Une vidéo authentique ?

« Qu’Allah nous protège du mal […] je remercie mon créateur », poursuit Aboubakar Shekau, dans un débit relativement lent, en haoussa et en arabe, sur un ton dénué du cynisme qui le caractérise d’habitude. Il avait annoncé en mars 2015 avoir prêté allégeance à l’organisation Etat Islamique.

Contrairement aux précédentes vidéos du groupe islamiste nigérian, postées fin 2014 et début 2015, qui comportaient des images de très bonne qualité et soigneusement montées, cette nouvelle vidéo est mal tournée et pixelisée.

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Sur ces images, le chef de Boko Haram ne fait aucune allusion à Daesh et utilise le nom originel de Boko Haram, « Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad » (le peuple engagé dans la propagation des enseignements du prophète et le djihad).

De plus, la vidéo n’a pas été postée depuis un des comptes Twitter liés aux alliés de Daesh et à d’autres groupes jihadistes, comme c’était le cas auparavant.

Réaction de l’armée

« Quand on regarde la vidéo de Aboubakar Shekau, le message est clair : ç’en est fini », a réagi une source militaire de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno (nord-est). « Pour que ce terroriste arrogant et vantard parle sur un ton aussi doux et feutré, cela montre bien qu’il est battu à plate couture », a-t-il poursuivi.

« Il s’agit d’une vidéo d’adieu. Il dit à ses combattants qu’ils peuvent dire au revoir à leur Etat Islamique illusoire et déposer les armes […]. Il sait qu’au vu des avancées de l’armée nigériane, nos troupes le trouveront bientôt ».

L’armée a par ailleurs publié un communiqué dans lequel elle déclare être « au courant de cette vidéo […] sujette à une enquête » pour « s’assurer de son authenticité ».

Des déclarations faites au passé

Aboubakar Shekau, qui porte une épaisse barbe, se tient devant un fond vert pâle, et le drapeau jihadiste noir a été incrusté dans l’image, à côté de lui. Quand il évoque Gwoza, la ville de l’Etat de Borno (nord-est) prise par Boko Haram mi-2014, qui fut un moment le siège de son « califat », Shekau utilise le passé.

Le Nigeria a mené l’année dernière une offensive de grande envergure avec l’appui du Tchad, du Niger et du Cameroun voisins, qui a permis de reprendre Gwoza et la plupart des villes et villages de cette région qui étaient tombés aux mains de Boko Haram.

Boko Haram affaibli

Depuis, le groupe aurait de plus en plus de mal à s’approvisionner, même en carburant, et certains combattants affamés auraient fini par se rendre. Mais les attentats-suicides, qui demandent peu de moyens logistiques, se poursuivent.

L’armée nigériane a déjà annoncé plusieurs fois la mort du leader de Boko Haram, qui a pris la tête du groupe après l’exécution de son leader historique Mohammed Yusuf par les forces de l’ordre en 2009. L’armée lui prête aussi de nombreux sosies.