Attentats de Bruxelles: Comment sécuriser les aéroports européens?

TERRORISME L’attaque contre l’aéroport de Bruxelles ce mardi pourrait pousser les aéroports à renforcer les contrôles d’accès…

Audrey Chauvet

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Un militaire français patrouille dans la zone des arrivées à l'aéroport de Roissy, le 23 mars 2016.
Un militaire français patrouille dans la zone des arrivées à l'aéroport de Roissy, le 23 mars 2016. — ALAIN JOCARD / AFP

Faudra-t-il des checkpoints avant les checkpoints ? Après les attaques terroristes contre l’aéroport de Bruxelles ce mardi, la question de la sûreté aéroportuaire se pose en France : est-il possible de sécuriser une aérogare entière, y compris les halls qui sont aujourd’hui libres d’accès ?

Le casse-tête est de taille : alors qu’actuellement, les contrôles, fouilles et scans des bagages ont lieu avant l’accès aux salles d’embarquement, certains préconisent de déplacer ces contrôles à l’entrée de l’aéroport. C’est le cas par exemple à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, en Israël, où un premier checkpoint filtre les voitures avant l’accès au terminal. Une solution que le ministre de l’Intérieur français a d’ores et déjà recalée : « Si vous opérez des contrôles à l’entrée des aéroports vous allez d’abord emboliser les aéroports, vous allez rendre impossible le fonctionnement de l’économie », a déclaré Bernard Cazeneuve au micro de France Inter.

Ne pas seulement « déplacer la cible »

Pour le Airports Council International Europe (ACI), qui représente 500 aéroports européens, des checkpoints en amont des zones d’embarquement ne ferait que « déplacer la cible plutôt que la sécuriser ». Pour l’association, il vaudrait mieux « renforcer les capacités du renseignement, sa coordination et le partage des informations acquises ». Mais là encore, plusieurs écoles s’opposent : ceux qui comptent sur la technologie et ceux qui misent sur l’humain.

En France, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a autorisé plusieurs aéroports, dont Nice, Toulouse et Lyon, à expérimenter le programme Vision Sûreté : un scanner corporel pourrait détecter des armes et explosifs cachés sous les vêtements plus efficacement et moins intrusivement qu’une fouille au corps. De la même manière, des analyseurs de chaussures permettraient aux passagers de ne plus avoir à se déchausser. « La SNCF va tester des systèmes permettant de détecter un rythme cardiaque ou une température corporelle inhabituels chez un passager. Dans un aéroport, cela pourrait valoir quelques problèmes aux gens qui ont simplement peur de prendre l’avion », estime Xavier Tytelman, spécialiste de la sécurité aérienne.

« Comme dans une gare ou un centre commercial »

Tous ces dispositifs techniques n’éviteront pas que des terroristes entrent dans les halls d’embarquement, rappellent les experts. « Une fois passé les contrôles de sécurité, vous êtes dans la zone la plus sûre au monde, mais avant, vous êtes comme dans une gare ou un centre commercial », rappelle Xavier Tytelman. Comme après la tentative d’attaque dans le Thalys en août dernier, un renforcement massif de la surveillance policière et militaire des aéroports français a été annoncé ce mardi : des compagnies de CRS et des policiers sont venus en renfort des patrouilles présentes dans le cadre de Vigipirate.

Cela suffira-t-il à éviter une attaque contre un aéroport ? « Il faudrait surtout améliorer le profilage en Europe, dans lequel nous sommes assez mauvais, estime Xavier Tytelman. Les agents de sûreté aéroportuaire n’ont même pas le listing des personnes fichées S. »