Congo: Denis Sassou Nguesso réélu président au premier tour avec 60% des voix

ELECTION L'opposition congolaise conteste les résultats du scrutin présidentiel, remporté par un homme au pouvoir depuis trente-deux ans…

20 Minutes avec AFP

— 

Sassou Nguesso a été réélu président au premier tour.
Sassou Nguesso a été réélu président au premier tour. — MARCO LONGARI

Pari réussi pour le président sortant. Avec près de 60 % des voix, Denis Sassou Nguesso a été réélu président du Congo dès le premier tour du scrutin présidentiel.

Le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou a fait cette annonce à la télévision nationale peu après 3h30 du matin, après avoir égrené pendant plus de deux heures et demie les résultats locaux à l’échelle des circonscriptions du pays.

Les deux candidats d’opposition contestent les résultats

Selon le décompte officiel, Guy-Brice Parfait Kolélas arrive deuxième avec un peu plus de 15 % des voix, et le général Jean-Marie Michel Mokoko troisième avec environ 14 %.

>> A lire aussi : La justice saisit plusieurs propriétés du clan Sassou près de Paris

Mercredi, ces deux candidats d’opposition avaient contesté les résultats partiels publiés la veille par la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), qui donnait Denis Sassou Nguesso en tête avec 67 % des voix.

« Une fraude massive »

« Comment voulez-vous qu’on accepte un tel résultat ? », a déclaré le général Mokoko en appelant à « un recompte des voix ». « Je savais d’avance que les dés étaient pipés, mais nous avions accepté de jouer le jeu », a ajouté celui qui était jusqu’en février conseiller du président Sassou Nguesso pour les Affaires de paix et de sécurité, déplorant que les résultats publiés par la CNEI n’aient fait qu’avérer, selon lui, ses « présuppositions ».

Vivien Manangou, porte-parole de Guy-Brice Parfait Kolélas, a estimé pour sa part que la réélection de Denis Sassou Nguesso relevait d’une « fraude massive » et de la « magie ».

« Coup d’Etat constitutionnel »

La candidature de Sassou Nguesso, qui cumule 32 ans de pouvoir à la tête de son pays, a été rendue possible après un récent changement de constitution qualifié de « coup d’Etat constitutionnel » par les détracteurs du président sortant.

La consultation électorale de dimanche, pour laquelle concouraient neuf candidats, s’est déroulée en l’absence de télécommunications dans l’ensemble du pays décrété pour des raisons de « sûreté nationale » afin d’empêcher l’opposition de commettre une « illégalité » en publiant elle-même les résultats de l’élection.