Attentats à Bruxelles: Centrale nucléaire visée? Suspects en fuite... Le point info sur l'enquête

TERRORISME Les dernières révélations laissent à penser que les terroristes ont commis les attentats du 22 mars à Bruxelles sous le coup de la précipitation…

William Pereira

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Un policier belge devant l'entrée de la station de métro Maelbeek, à Bruxelles.
Un policier belge devant l'entrée de la station de métro Maelbeek, à Bruxelles. — Thierry Roge/AP/SIPA

L’enquête sur les attentats du 22 mars à Bruxelles fait l’objet de nouvelles révélations ce jeudi. Selon une information avancée par La Dernière Heure (DH), le commando qui a attaqué la capitale belge prévoyait d’effectuer une attaque de plus grande envergure à une date symbolique, en l’occurrence le lundi de Pâques.

Pourquoi ne pas avoir attendu six jours de plus ? L’arrestation de Salah Abdeslam aurait-elle accéléré le cours des événements ? Le testament d’Ibrahim Bakraoui, découvert mercredi par les forces de l’ordre dans la planque de Schaerbeek, révèle que le kamikaze et ses acolytes ont agi sous le coup de « la précipitation ». Dans le message audio destiné à sa mère et un cousin, il avoue d’autre part « ne plus savoir quoi faire » et être « recherché de partout ». La crainte de la prison est évidente chez Ibrahim El Bakraoui, persuadé que s’ils « s’éternisent, ils risquent de terminer à côté de lui dans une cellule », faisant a priori référence à Salah Abdeslam.

Les centrales nucléaires belges visées

D’après la DH, les cibles initialement visées étaient des centrales nucléaires belges. C’est dans cette optique qu’une caméra cachée avait été placée devant le domicile du directeur du programme de recherche et développement nucléaire belge. La vidéo, d’une dizaine d’heures, filmait les allées et venues du directeur, et avait été récupérée par les frères El Bakraoui peu de temps après les attentats du 13 novembre.

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L’enregistrement avait été saisi par la police en décembre chez Mohamed Bakkali, l’un des suspects des attaques terroristes de Paris. Ces éléments ont conduit les enquêteurs à penser qu’une menace planait au-dessus des installations nucléaires belges, débouchant ainsi sur le déploiment de 140 militaires au pied des centrales nucléaires du pays, ce qui a peut-être poussé le commando terroriste à revoir ses objectifs à la baisse, et attaquer des cibles plus faciles.

Dans le taxi, les suspects parlaient des Américains

Le parquet a confirmé ce jeudi matin l’existence d’un deuxième suspect en fuite, dont le portrait-robot a été diffusé ce matin par de nombreux médias. Le parquet fédéral communiquera plus tard sur l’individu dont l’identitée reste inconnue, mais dont le lien avec l’attaque de la station de métro Maelbeek est avéré, d’après la police belge. L’homme non-identifié portait un gros sac et a été aperçu en train de discuter avec Khalid El Bakraoui, qu’il n’a pas suivi quand celui-ci est monté dans la rame de métro, rapporte l’AFP.

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Le premier suspect en fuite, l’homme au chapeau, est également recherché. Il aurait pris place dans le taxi qui a transporté les terroristes à l’aéroport de Zaventem. A en croire les propos du chauffeur de taxi relayés par La Dernière Heure, l’homme aperçu au côté d’Ibrahim El Bakraoui était le seul des trois passagers à avoir brisé le silence durant le trajet, notamment pour exprimer son mécontentement envers les Américains. Des propos qui entrent en résonance avec les attaques qui auront lieu, un peu plus tard, près d’une porte d’embarquement pour les Etats-Unis, dans l’aéroport international de Bruxelles.