Libye: Près de 800.000 migrants attendent de passer en Europe

IMMIGRATION Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian veut éviter que le trafic de migrants ne renforce Daesh…

20 Minutes avec AFP

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Des migrants secourus au large de la Libye, le 1er septembre 2015.
Des migrants secourus au large de la Libye, le 1er septembre 2015. — Gregorio Borgia/AP/SIPA

La crise des migrants s’accentue sur le front libyen. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a estimé ce jeudi qu’environ 800.000 migrants attendaient de pouvoir passer en Europe depuis la Libye.

Interrogé sur Europe 1, il a d’abord évalué le nombre de migrants concentrés en Libye à des « centaines de milliers ». Au journaliste qui avançait une estimation de 800.000 personnes, le ministre a ensuite répondu qu’il s’agissait d’un « chiffre à peu près convenable ».

Jean-Yves Le Drian réclame « un gouvernement d’union nationale »

« Il faut éviter que le trafic de migrants ne renforce Daesh (acronyme en arabe du groupe Etat islamique) par des ressources financières supplémentaires qui lui seraient allouées », a-t-il insisté.

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Pour ce faire, les Européens demandent la mise en place au plus vite d’un gouvernement d’union nationale qui puisse autoriser les bateaux de l’Union européenne (opération Sophia) à traquer les passeurs jusque sur les côtes libyennes.

L’opération Sophia, lancée en juin 2015 et à laquelle contribuent 22 pays de l’UE, ne peut pour l’heure arraisonner, fouiller et saisir les bateaux de migrants que dans les eaux internationales, loin des bases de passeurs.

Trois dangers majeurs en Libye

Ce gouvernement, une fois en place, devra « dire comment il va agir et ce qu’il demande à la communauté internationale pour enrayer trois dangers majeurs en Libye : Daesh qui a aujourd’hui 4.000 à 5.000 combattants (dans ce pays), les trafics de migrants (..) et d’armes », a-t-il poursuivi.

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L’entrée en fonction d’un gouvernement d’union libyen a été récemment proclamée par le conseil présidentiel, un organe composé de membres de factions rivales libyennes et mis en place par un accord interlibyen négocié sous l’égide de l’ONU.