Bosnie: Verdict historique contre le Serbe Radovan Karadzic accusé de génocide

JUSTICE Il deviendra le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes présumés commis pendant cette guerre…

20 Minutes avec AFP

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Radovan Karadzic, un mois après son arrestation en juillet 2008.
Radovan Karadzic, un mois après son arrestation en juillet 2008. — V. KUYPERS / ANP / AFP

C’est un verdict très attendu.L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic sera fixé sur son sort ce jeudi, plus de 20 ans après le massacre de Srebrenica et le sanglant siège de Sarajevo.

Agé de 70 ans, il est inculpé de 11 chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

De nombreuses victimes présentes

Le jugement sera rendu en début d’après-midi au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) en présence de nombreuses victimes, dont des anciens détenus des camps et des mères de Srebrenica, ainsi que des diplomates et journalistes venus du monde entier.

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Il deviendra en effet le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes présumés commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.

Radovan Karadzic espère être acquitté

Mercredi, celui qui s’était défendu seul a pourtant affirmé avoir livré « un combat permanent pour préserver la paix, prévenir la guerre et réduire la souffrance de tous les gens, indépendamment de leur religion ».

Il s’attend à être acquitté, a-t-il ajouté, lors d’une interview à BIRN, un réseau d’information sur des sujets de justice, actif dans les Balkans.

La prison à vie requise

Radovan Karadzic, psychiatre de formation, est notamment accusé de génocide pour le massacre de près de 8.000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica en juillet 1995, le pire à avoir été commis en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

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Il est par ailleurs accusé de génocide dans plusieurs autres municipalités de Bosnie mais doit aussi répondre de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés.

L’accusation a requis la prison à vie à l’encontre de Radovan Karadzic, qui reste pour beaucoup de Serbes un « héros » de la guerre en Bosnie.