VIDEO. Attentats à Bruxelles: La Turquie affirme avoir expulsé Ibrahim El Bakraoui vers la Belgique en 2015

BELGIQUE Selon le président turc, le kamikaze de l’aéroport aurait été relâché par la Belgique...

M.C. avec AFP

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Photo d'archives d'Ibrahim El Bakraoui fournie le 23 mars 2016 par Interpol
Photo d'archives d'Ibrahim El Bakraoui fournie le 23 mars 2016 par Interpol — - Interpol

Ibrahim El Bakraoui a-t-il été arrêté en Turquie en juin 2015, puis expulsé vers la Belgique, qui l’aurait relâché ? C’est ce qu’affirme le président turc mercredi, déplorant que l'un des trois kamikazes de l'aéroport de Bruxelles ait été remis en liberté par les autorités belges. A Bruxelles, le ministre belge de la Justice, Koen Geens, a toutefois démenti mercredi soir cette version.

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Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, cet individu, qu'il n'a pas nommé, avait été arrêté en juin 2015 à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne, avant d'être expulsé vers la Belgique via les Pays-Bas. «Il a été expulsé le 14 juillet 2015 après information de l'ambassade belge (...) Les Belges nous ont dit qu'il avait été libéré», a déclaré le dirigeant turc.

«Les autorités belges n'ont pas été en mesure d'identifier ses liens avec le terrorisme»

Un haut responsable turc a précisé sous couvert de l'anonymat à l'AFP que cet individu était Ibrahim El Bakraoui, qui a été formellement identifié par les autorités belges comme l'un des deux djihadistes qui se sont fait exploser dans l'aéroport de la capitale belge.

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«Bien que nous les ayons informées que cet individu était un combattant terroriste étranger, les autorités belges n'ont pas été en mesure d'identifier ses liens avec le terrorisme», a déploré Recep Tayyip Erdogan. Le président turc a ajouté que les Pays-Bas avaient également été impliqués dans cette procédure parce que l'individu avait initialement demandé à être expulsé vers ce pays.

«Il n'y a pas eu d'extradition»

Une version démentie par Bruxelles. «Il n'y a, c'est certain, pas eu d'extradition» vers la Belgique, a répliqué Koen Geens sur la télévision belge néerlandophone VRT. «Il s'agit plus que probablement d'un renvoi opéré à la frontière syrienne par la Turquie». «A ce moment, il n'était pas connu chez nous pour terrorisme. C'était un criminel de droit commun en liberté conditionnelle», a-t-il assuré. «Lorsqu'il a été renvoyé», a poursuivi Koen Geens, «ça aurait été, selon l'information que le parquet fédéral m'a communiquée, vers les Pays-Bas et non vers la Belgique».

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La Turquie s'est à plusieurs reprises plainte que les pays occidentaux ne tiennent pas compte de ses mises en garde concernant les djihadistes qu'elle expulse ou repère. Après les attentats de Paris en novembre dernier, les Turcs avaient de la même façon affirmé qu'ils avaient signalé à deux reprises aux autorités françaises, sans provoquer de réaction, la présence sur leur territoire d'Omar Ismaïl Mostefaï, un des djihadistes qui a participé à l'attaque contre la salle de concert du Bataclan.