VIDEO. Attentats à Bruxelles: Pourquoi la revendication a-t-elle tardé?

MONDE La revendication de Daesh publiée plusieurs heures après les attentats s'explique...

Delphine Bancaud

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La police devant le métro de Maalbeek, le 22/3/15. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
La police devant le métro de Maalbeek, le 22/3/15. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN — AFP

Daesh a revendiqué ce mardi vers 16h30 via son agence en ligne Aamaq les attentats de Bruxelles survenus plus tôt dans la matinée.

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Une validation qui peut prendre du temps

« Des combattants de l’État islamique ont mené une série d’attentats à l’aide de ceintures et d’engins explosifs mardi, prenant pour cible un aéroport et une station de métro dans le centre de la capitale belge Bruxelles, un pays participant à la coalition internationale contre l’État islamique », a ainsi affirmé l’agence de presse Aamaq.

Une revendication officielle survenue plusieurs heures après que les événements tragiques ont eu lieu. Un délai qui s’explique, selon Antoine Basbous, politologue et spécialiste du monde arabe, de l’islam et du terrorisme islamiste : « Il n’y a pas de règle absolue en la matière. Tout dépend notamment de la rapidité des terroristes à trouver un réseau sécurisé pour communiquer. Il faut aussi que le message soit validé par les têtes de pont du réseau, ce qui peut prendre un peu de temps », explique-t-il.

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Une stratégie de communication

Ce laps de temps entre la commission des faits et leur revendication peut aussi s’interpréter comme une stratégie de communication pour semer davantage le trouble dans l’opinion publique, selon le chercheur. « Car en prenant plus de temps pour se déclarer, l’organisation terroriste maintient l’incertitude. On se demande quoi, pourquoi, comment ces événements ont eu lieu. Cela permet d’alimenter l’angoisse et de maintenir en haleine l’opinion publique et les médias. Cela oblige les journalistes à focaliser sur les conséquences des attentats. Et quelques heures plus tard, quand la revendication tombe, les médias la relaient en lui donnant davantage de résonance. C’est donc une manière pour l’organisation terroriste d’occuper durablement l’espace médiatique », explique-t-il.

Concernant les attentats de novembre, il s’était ainsi écoulé de nombreuses heures avant que Daesh les revendique par un message sonore.