Attentats à Bruxelles: Pourquoi la Belgique pouvait s’attendre à être visée par un attentat ?

TERRORISME Découvertes d’armes de guerre et suspects dans la nature : les signes annonciateurs d’un attentat se multipliaient depuis plusieurs mois en Belgique…

Vincent Vantighem
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Voitures de police et secours près du métro Maelbeek à Bruxelles après l'attentat du mardi 22 mars 2016.
Voitures de police et secours près du métro Maelbeek à Bruxelles après l'attentat du mardi 22 mars 2016. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Comment ne pas y voir un signe ? Quatre jours après l’arrestation de Salah Abdeslam, la Belgique est, à son tour, frappée par un « double attentat ». C’est en tout cas les mots choisis par Charles Michel, le Premier ministre, pour décrire la série d’explosions qui a fait au moins 21 morts, ce mardi matin, à l’aéroport Zaventem et à la station de métro Maelbeek.

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« Nous le redoutions et c’est arrivé », a reconnu Charles Michel. Car de nombreux signes laissaient penser que le « plat pays » pouvait, tout comme Paris en novembre, connaître l’horreur. 20 Minutes revient sur les signes annonciateurs de cet attentat.

Des détonateurs et kalachnikov retrouvés à Forest

Plus encore que l’arrestation, vendredi, de Salah Abdeslam, c’est sans doute la perquisition mouvementée à Forest, il y a une semaine tout pile, qui a vraiment inquiété les enquêteurs. Pensant trouver un appartement vide, ceux-ci ont, au contraire, été accueillis par des tirs d’armes à feu. A l’intérieur, à côté du cadavre de Mohamed Belkaïd, ils ont découvert une kalachnikov, onze chargeurs, de très nombreuses munitions et surtout des détonateurs qui n’étaient pas encore en état de fonctionnement,

C’est ce qui a fait dire à Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères belge qu’Abdeslam « était prêt à refaire quelque chose à Bruxelles ». Jan Jambon, son collègue à l’Intérieur, a été plus loin sur les ondes de RTL. « Quand les terroristes et les armes sont au même endroit – c’est ce qu’on a vu à Forest – on est tout prêt d’une attaque. Je ne dis pas qu’il y a une preuve mais il y a des indications. »

Derrière l’arbre Abdeslam, une forêt de djihadistes

Le soulagement d’avoir arrêté Salah Abdeslam a vite laissé place à une grande inquiétude chez tous les responsables politiques. « Nous nous apercevons qu’ils sont beaucoup plus nombreux que ce que l’on pensait… »,indiquait ainsi dès vendredi soir François Hollande.

Et surtout, que plusieurs suspects – à l’instar de Najim Laachraoui, l’artificier présumé du 13 novembre – sont toujours dans la nature. Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, la Belgique a procédé à plus d’une centaine de perquisitions et travaille actuellement sur près de 400 dossiers liés au terrorisme, a indiqué, lundi, Frédéric Van Leeuw, le procureur fédéral belge.

Menacée à deux reprises dans des vidéos de Daesh

« Nous viserons les bibliothèques, les écoles, les hôpitaux, les rues commerçantes ou encore les discothèques… » En août 2015, un enregistrement sonore diffusé sur WhatsApp par un combattant de Daesh laisse entendre que la Belgique est visée. L’homme qui parle n’est pas un inconnu au plat pays. Membre de Sharia4Belgium, Abdellah Nouamane était, selon les médias belges, proches d’Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le « cerveau » des attentats de Paris.

Nouvelle vidéo et nouvelle menace pour la Belgique en février. Cette fois, ce sont deux membres de la cellule dite de Verviers qui tentent de convaincre les jeunes d’abandonner la vie en Belgique en ces termes : « Vous grattez le chômage, le CPAS (Centre public d’action sociale), le SMIC ».