Birmanie: L'ancienne opposante Aung San Suu Kyi va devenir ministre

POLITIQUE La Dame de Rangoun, aujourd’hui âgée de 70 ans, sera la seule femme…

20 Minutes avec AFP
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi lors d'une conférence de presse à Rangoon, le 5 novembre 2015.
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi lors d'une conférence de presse à Rangoon, le 5 novembre 2015. — Mark Baker/AP/SIPA

Elle n’avait pas pu être présidente, mais elle sera ministre. La prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi devrait entrer au gouvernement birman, où elle sera la seule femme.

Son parti est désormais majoritaire au Parlement et va prendre les manettes de la Birmanie, succédant à un gouvernement d’anciens militaires ayant assuré la transition post-junte depuis 2011.

Ministre des Affaires étrangères ou d’un super-ministère

Le nouveau président élu, Htin Kyaw, a égrené une liste de 15 noms de personnalités qui devraient devenir ministres parmi lesquels celui de l’ancienne opposante.

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Il n’a cependant pas précisé quel poste l’ancienne dissidente, aujourd’hui âgée de 70 ans dont 15 en résidence surveillée, occuperait au sein du cabinet. Les rumeurs la donnent ministre des Affaires étrangères. Voire à la tête d’un super-ministère, en regroupant plusieurs.

« Au-dessus du président »

Avec cette annonce, se précise enfin un peu la façon dont Aung San Suu Kyi envisage de gouverner « au-dessus du président », comme elle l’avait mystérieusement annoncé juste avant la victoire de son parti aux législatives historiques de novembre 2015.

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Le choix de la Dame de Rangoun de mener les réformes en tant que ministre, plutôt qu’en restant à la tête de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, est une façon d’asseoir sa légitimité de maître d’œuvre de la politique du gouvernement. Le tout au sein d’un système dépourvu de Premier ministre, et avec un président qui est un fidèle d’entre les fidèles d’Aung San Suu Kyi.

Priorité à l’éducation et à la santé

Avec la constitution de ce gouvernement qui doit enfin entrer en fonction fin mars-début avril, en même temps que le nouveau président, le pays va pouvoir tourner la page de décennies de junte, même si les militaires conservent un important rôle politique.

La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) a promis de donner la priorité à l’éducation et la santé, domaines dans lesquels la Birmanie est l’un des plus mauvais élèves au niveau mondial en termes de budget.