Attentats à Bruxelles: «On a vu des gens sortir en courant de la station, des gens pleurer dans la rue»

TEMOIGNAGES Ils travaillent près de la station de métro de Maelbeek ou l’empruntent régulièrement. Des témoins racontent ce qu’ils ont vu ou entendu…

R.S, A.C, D.B.
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Les services de secours sont près de la station Maelbeek à Bruxelles après une explosion dans le métro, le 22 mars 2016.
Les services de secours sont près de la station Maelbeek à Bruxelles après une explosion dans le métro, le 22 mars 2016. — AFP

Aux alentours de la station de métro Maelbeek, où une explosion a eu lieu ce mardi vers 9h, c’est la consternation. « On a vu des gens sortir en courant de la station, des gens pleurer dans la rue, essayer de téléphoner. Mais on n’a pas vu de blessés. Le réseau est saturé maintenant. Certaines personnes qu’on connaît se sont réfugiées dans notre bureau », assure un témoin à 20 Minutes. Clémence De Torcy, travaille dans un cabinet de conseil juste au-dessus de la station de métro. Elle poursuit: « On a vu des militaires armés, beaucoup de policiers. On n’a pas de consignes, mais on ne va pas bouger de la journée. Ce matin, je suis venue en tramway travailler. Quand j’ai entendu ce qu’il s’est passé à l’aéroport, on a voulu éviter le métro. J’ai une collègue qui est venue quand même en métro. Elle est passée deux minutes avant l’explosion. Elle est avec nous, extrêmement choquée. »

Même stupeur chez Alba Ridao, employée dans un bureau de conseil, rue de la Loi. « Je suis passée en voiture dans la rue au moment de l’explosion. Une dame est venue vers moi en courant et m’a demandé de la prendre en voiture parce qu’il y avait eu cette explosion dans le métro. J’ai vu un Monsieur blessé, plein de sang. C’est horrible. Je suis en colère, je ne comprends pas comment on n’a pas pu éviter ça. C’était à prévoir. Tout le monde savait que cela pouvait se produire depuis une semaine. On craint encore de nouveaux attentats. Maintenant, on ne bouge plus. Dès qu’on pourra, on rentrera chez nous, mais pour l’instant, on n’a reçu la consigne de ne pas sortir. »

« Tout le monde est bloqué dans les bureaux »

Michaël est quant à lui reclus dans son bureau rue d’Arlon, à 300 m du lieu de l’explosion de la station de métro Maelbeek : « Je suis venu à pied au bureau ce matin. Je suis arrivé juste avant l’explosion. J’ai vu l’agitation juste après. Les gens sont choqués. Pour l’instant, nous n’avons pas reçu de consignes. Il y a la police partout mais le quartier n’est pas bouclé. Je ne vais pas bouger d’ici aujourd’hui », raconte-t-il à 20 Minutes.

Nicolas travaille quant à lui, à proximité du Parlement européen, dans le quartier actuellement bouclé. « C’est simplement le bordel. Tout le monde est bloqué dans les bureaux, on assiste à la fermeture progressive de tous les moyens de transport et on sait qu’on va rester bloqué. On se demande comment rentrer chez nous. Je vis à Molenbeek, ma fille est à la crèche là-bas, et je ne sais pas comment je rentrerai ce soir. Ma femme travaille dans les institutions européennes, à Art-Loi. Elle est également bloquée au bureau. Côté transports en commun, nous n’avons plus d’informations que vous. »

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Mêmes impressions pour Alexandra, assistante parlementaire au Parlement européen : « Nous voyons les informations à la télé, on a eu un message de la direction de la sécurité qui nous a demandé de rester à l’intérieur du Parlement. Ceux qui étaient encore chez eux restent chez eux. Toutes les réunions prévues dans la journée au PE sont en train d’être annulées. On va voir ce qui suit, mais de toute façon personne n’a de velléités de sortir ».

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Martin, qui travaille à 200 mètres du Parlement, sur le square de Meeus, est encore sous le choc : « Je suis sorti de chez moi ce matin à 8h25 pour aller prendre le métro à la Gare du Midi pour me rendre dans le quartier européen. On a vu plusieurs véhicules de police rouler à tombeau ouvert, sirènes hurlantes, on n’a pas trop compris. En arrivant à la gare, on a vu les militaires, présents depuis le 13 novembre, sur l’expectative, aux aguets. J’ai vérifié sur Twitter et ai appris les explosions à l’aéroport. Puis les alertes des médias. Dans le métro, ce n’était pas la panique : le réseau est très mauvais et je n’ai pas eu l’impression que les gens étaient au courant. Arrivé au bureau à 8h50 et depuis, je passe mon temps à répondre aux messages de proches qui s’inquiètent. Je suis à quelques centaines de mètres de la station Maelbeek et depuis 45 minutes, c’est un ballet incessant de sirènes », raconte-t-il.