Molenbeek: Abid Aberkan, proche d'Abdeslam à l'origine de son arrestation

PORTRAIT Abid Aberkan a été inculpé en Belgique pour participation à une organisation terroriste et recel de malfaiteurs…

Florence Floux
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Abid Aberkan à l'enterrement de Brahim Abdeslam, le 17 mars 2016.
Abid Aberkan à l'enterrement de Brahim Abdeslam, le 17 mars 2016. — STRINGER / Belga / AFP

Il essayait d’aider… il a finalement conduit les policiers à son cousin malgré lui. Abid Aberkan, présenté comme un membre de la famille Abdeslam par les médias belges, et parfois comme un ami d’enfance, a tenté d’aider Salah Abdeslam comme il a pu.

Mardi soir, alors que le suspect numéro un des attentats du 13 novembre échappe de justesse aux policiers lors d’une perquisition à Forest, en Belgique, il appelle son cousin à la rescousse pour lui demander de le cacher.

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Abid Aberkan « planque » alors Salah Abdeslam et son complice Amine Choukri chez sa mère, Djemila, qui vit dans un immeuble communal du 79, rue des Quatre-Vents, à Molenbeek. Lui et son complice auraient trouvé refuge dans la cave du bâtiment. C’est là que la police belge arrêtera finalement le fugitif vendredi soir.

Une relation « fraternelle » entre les deux hommes

La veille, Abid Aberkan avait assisté aux obsèques de Brahim Abdeslam, frère de Salah et kamikaze du 13 novembre, où il s’est fait exploser au Comptoir Voltaire. Le jeune homme, qui s’est montré visage découvert, faisait même partie des porteurs de cercueil du terroriste. Présente sur les lieux, la police profite de l’événement pour contrôler toutes les personnes se trouvant à l’enterrement, dont Abid Aberkan. Un contrôle d’identité qui a apporté de précieuses informations aux enquêteurs.

Musulman radicalisé depuis quelque temps, Abid Aberkan et sa famille ont longtemps habité tout près de la famille Abdeslam, rue Saint-Martin, à Molenbeek. La relation entre les deux hommes serait « fraternelle », « il existe une mentalité d’entraide entre eux », estime un voisin auprès de Paris Match. Abid Aberkan a été inculpé pour participation à une organisation terroriste et recel de malfaiteurs. Sa mère Djemila, souffrant de problèmes respiratoires et décrite comme inoffensive par les policiers, a été inculpée de recel de malfaiteur et laissée libre.

Un membre de la famille Aberkan ?

Depuis vendredi, plusieurs médias belges ont indiqué qu’Abid Aberkan aurait un lien avec une famille bien connue de la police et de la justice belges et qui porte le même nom. Fatima Aberkan, 55 ans, a été condamnée à huit ans de prison en juillet 2015 pour sa participation à une filière de recrutement djihadiste vers la Syrie. Naïma, elle, a écopé de dix mois pour les mêmes motifs.

Présentée lors de son procès comme une « égérie exaltée de l’idéologie djihadiste ayant contaminé tout son entourage », Fatima et sa famille sont très surveillés par les forces de l’ordre. L’avocat d’Abid Aberkan tout comme celui de Fatima Aberkan ont pour l’instant démenti tout lien de parenté.