Turquie: Un réfugié syrien est retenu depuis un an à l'aéroport d'Istanbul

«LE TERMINAL» Fadi Mansour est détenu dans la «salle des passagers à problèmes» depuis le 15 mars 2015...

20 Minutes avec agence

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Le Syrien Fadi Mansour est détenu par les autorités turques à l’aéroport Atatürk d’Istanbul depuis un an, soit le 15 mars 2015.
Le Syrien Fadi Mansour est détenu par les autorités turques à l’aéroport Atatürk d’Istanbul depuis un an, soit le 15 mars 2015. — Fadi Mansour/Twitter

L’affaire ressemble au scénario du Terminal, film inspiré d’une histoire vraie dans lequel Tom Hanks, touriste indésirable venu de l’instable Krakovie, se retrouve bloqué à l’aéroport JFK de New-York.

Mais nous sommes en 2016 et Amnesty International a dénoncé, ce mercredi dans un communiqué, le sort réservé au Syrien Fadi Mansour, détenu par les autorités turques à l’aéroport Atatürk d’Istanbul depuis un an.

Le réfugié avait quitté son pays en 2012 pour échapper au service militaire. A l’arrivée du jeune homme à l’aéroport turc le 15 mars 2015, l’entrée sur le territoire national lui a été refusée et il a été arrêté.

« Un traitement cruel, inhumain ou dégradant »

Depuis, le Syrien est détenu dans la « salle des passagers à problèmes », un lieu sans ouverture sur l’extérieur où la lumière artificielle fonctionne 24 heures sur 24, où aucun lit n’est disponible ni aucune intimité possible.

L’ONG compare ces conditions de détention à « un traitement cruel, inhumain ou dégradant » et ajoute que la situation imposée au jeune homme ne repose « sur aucun fondement juridique ». La demande de remise en liberté déposée par l’avocat de Fadi Mansour est malgré tout restée sans réponse pour le moment.

« Chaque jour que je passe ici, je meurs à petit feu »

En novembre dernier, le réfugié a tenté de rejoindre le Liban, dont il s’est vu refuser l’accès avant d’être renvoyé en Turquie. Fadi Mansour compte désormais sur des membres de sa famille résidant dans d’autres pays pour le parrainer dans une demande de visa.

Le gouvernement turc peut cependant renvoyer le réfugié en Syrie à tout moment. Une décision que Fadi Mansour, dans son désespoir, en viendrait presque à souhaiter. « Au moins là-bas je meurs une bonne fois pour toutes et c’est terminé, a ainsi confié le jeune homme à des proches. Alors que chaque jour que je passe ici, je meurs à petit feu. »