Crise des migrants: Finalisation d'un accord avec la Turquie à Bruxelles

EUROPE Malgré encore quelques oppositions, un consensus se dégage avant le sommet de Bruxelles…

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à Bruxelles le 5 octobre 2015.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à Bruxelles le 5 octobre 2015. — Virginia Mayo/AP/SIPA

La question des migrants sera au cœur d’un sommet organisé ce jeudi à Bruxelles. Les 28 Etats européens vont tenter de finaliser un important accord avec la Turquie.

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui a joué un rôle majeur dans les tractations avec les Turcs, « sceller un accord donnerait une "première chance" de trouver une solution collective à la question migratoire. Mais cela ne se traduira pas par un chèque en blanc à Ankara », a-t-elle assuré.

Un accord « acceptable » pour tous

« L’objectif est clair : un accord acceptable pour les 28 Etats membres ainsi que pour nos partenaires turcs », a répété ce mercredi soir le président du Conseil européen Donald Tusk, chargé par les pays européens de négocier avec Ankara, malgré des court-circuitages de Berlin qu’il a peu appréciés.

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L’Union européenne (UE), qui cherche depuis des mois à obtenir de la Turquie sa collaboration pour tarir les flux de migrants, a été surprise de l’ampleur de la nouvelle « proposition turque » lors du précédent sommet du 7 mars : Ankara se dit désormais disposée à reprendre tous les nouveaux migrants gagnant les îles grecques depuis ses côtes, y compris les demandeurs d’asile.

Des « expulsions collectives » qui seraient illégales selon l’ONU

L’idée a de quoi séduire une Union débordée par plus de 1,2 million de demandes d’asile en 2015, mais le contenu du projet pose aussi de nombreux problèmes.

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Au milieu d’un concert de critiques sur ce projet d’accord concernant le renvoi de tous les migrants vers la Turquie, l’ONU a mis en garde contre l’illégalité des « possibles expulsions collectives et arbitraires ».

Une adhésion de la Turquie à l’UE en contrepartie ?

En contrepartie de ses efforts, la Turquie obtiendrait une accélération du processus de libéralisation des visas pour ses ressortissants, ainsi qu’une relance de ses négociations d’adhésion, bloquées par le contentieux historique avec Chypre.

Ce dernier engagement constitue un point de blocage pour Nicosie, qui pourrait menacer un accord avec Ankara.

« L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne n’est absolument pas à l’ordre du jour », a voulu rassurer mercredi Angela Merkel, soulignant que l’Europe devait rester ferme face à Ankara sur ses valeurs démocratiques, alors que le pouvoir islamo-conservateur turc est accusé de dérive autoritaire.