VIDEO. Brésil: Une écoute téléphonique relance la colère contre Lula et Roussef

SCANDALE Dans l'enregistrement, la présidente appelle Lula pour lui dire qu’elle va lui faire parvenir son « décret officiel » de nomination afin qu’il puisse « s’en servir en cas de nécessité »....

20 Minutes avec AFP

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Des milliers de manifestants ont protesté ce mercredi soir.
Des milliers de manifestants ont protesté ce mercredi soir. — Ricardo Nogueira

C’est une écoute téléphonique très embarrassante entre l’actuelle présidente du Brésil Dilma Rousseff et l’ex-président Lula, mis en cause dans un scandale de corruption, qui a été divulguée à la presse ce mercredi soir.

Dans cet enregistrement effectué dans la matinée par la police judiciaire, la présidente appelle Lula sur son téléphone sur écoutes pour lui dire qu’elle va lui faire parvenir son « décret officiel » de nomination afin qu’il puisse « s’en servir en cas de nécessité ». Elle suggère ainsi que la nomination de l’ex-président Lula au gouvernement avait pour objectif de lui éviter la prison.

Plus de 2.000 manifestants mécontents

L’enregistrement a été rendu public par le juge fédéral Sergio Moro, en charge de ce dossier, qui avait lancédes investigations contre l’ancien président (2003-2010) pour corruption et blanchiment d’argent.

Des manifestations d’indignation ont éclaté mercredi soir au Brésil après la diffusion de cette bande son. Quelque 2.000 personnes se sont spontanément massées devant la présidence de la République à Brasilia pour réclamer la démission de Lula, la destitution de Dilma Rousseff et apporter leur soutien au juge Sergio Moro.

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Une autre manifestation spontanée a débuté à la nuit tombée dans la capitale économique Sao Paulo, sur la grande avenue Paulista. « Démission ! », « Démission ! », criaient quelques milliers de manifestants massés au pied du gratte-ciel abritant la puissante Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp).

Une crise politique majeure

La publication de cet enregistrement a aussi suscité une bronca à l’Assemblée, où les députés de l’opposition furieux criaient le poing levé « Démission ! Démission ! », et au Sénat.

Lula a été nommé mercredi au gouvernement à un rang de quasi-Premier ministre pour tenter de sauver la présidente d’une procédure parlementaire de destitution lancée contre elle en décembre et sur le point d’être relancée au Parlement.

Le Brésil est paralysé par une crise politique majeure, envenimée par les révélations dévastatrices du scandale Petrobras, alors qu’il est plongé depuis 2015 dans une profonde récession économique.