Super Tuesday, part 3: L'ouragan Trump surpuissant, Clinton éteint la tempête Sanders

ETATS-UNIS La favorite démocrate s'est presque assuré la nomination alors que le leader républicain a poussé Rubio à l'abandon...

Philippe Berry
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Donald Trump remercie ses supporteurs après sa victoire en Floride, le 15 mars 2016.
Donald Trump remercie ses supporteurs après sa victoire en Floride, le 15 mars 2016. — G.HEBERT/SIPA/AP

On y voit désormais (un peu) plus clair. Après les scrutins de ce mardi, les primaires américaines se décantent. Plus que jamais, Hillary Clinton et Donald Trump se trouvent en position de force pour remporter la nomination. Même si côté républicain, tout n’est pas encore joué grâce à la victoire de John Kasich dans l’Ohio.

Carton plein pour Clinton

Hillary Clinton s’est imposée dans quatre Etats sur cinq (Illinois, Caroline du Nord, Ohio et Floride), avec un match nul dans le Missouri. Après sa défaite surprise dans le Michigan la semaine dernière, elle a réussi à redresser la barre, notamment sur les terres industrielles cruciales de l’Ohio, où elle termine avec plus de 15 % d’avance sur Sanders. Du coup, elle s’envole dans la course aux délégués. En comptant les « super délégués » (des cadres du parti qui la soutiennent), elle a dépassé le cap des 1.500 et se rapproche de la majorité absolue nécessaire (2.382). Il faudrait désormais que Bernie Sanders remportent 70 % des délégués restants pour la coiffer au poteau, ce qui est presque impossible.

Marco Rubio jette l’éponge

Il avait indiqué qu’il quitterait la course s’il perdait à domicile en Floride. C’est chose faite. Le jeune sénateur a été humilié sur ses terres, terminant près de 20 points derrière Donald Trump (27 % vs 45,7 %). « Ce n’était pas l’intention de Dieu que je devienne président en 2016 », a-t-il lancé à ses supporteurs, appelant les Américains à « ne pas céder à la peur ».

Trump accentue son avance…

De nombreux Etats se jouent désormais à quitte ou double. Les délégués ne sont plus attribués à la proportionnelle : la vainqueur rafle tout, comme en Floride. Du coup, avec ses victoires en Illinois et en Caroline du Nord, plus un match nul avec Ted Cruz dans le Missouri, Donald Trump creuse l’écart : il compte environ 696 délégués contre 418 à Cruz et 146 à John Kasich.

… Mais n’est pas encore assuré d’atteindre la majorité

En remportant l’Ohio, John Kasich a privé Trump de 66 délégués. Compteront-ils à la fin ? Il est trop tôt pour le dire. Pour parvenir au chiffre magique de 1.237, il doit gagner 54 % des délégués restants. C’est fort possible, selon l’expert en statistiques de Princeton Sam Wang, surtout si Cruz et Kasich se divisent le vote « anti-Trump ». Le seul espoir de l’establishement républicain serait donc une course Cruz-Trump en un contre un, en espérant maintenir le milliardaire sous la barre des 1.237. On aurait alors une convention ouverte lors de laquelle tout pourrait arriver. Pour l’instant, le suspense continue.