« La Chine a soif d'informations »
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Athina Karatzogianni
Spécialiste des cyberconflits.
Après les Etats-Unis, l'Allemagne et la France, la Nouvelle-Zélande a à son tour déclaré mardi avoir été la cible de cyberattaques. L'armée chinoise, soupçonnée, a démenti toute implication...
Cette affaire montre la difficulté à combattre la guerre technologique avec des instances internationales classiques. Elle montre aussi que l'on peut légitimement avoir des doutes sur le contrôle qu'opère la Chine sur sa propre armée, mais que cela reste difficile à prouver.
Les informations piratées n'étaient pas classifiées. Quel intérêt la Chine pourrait-elle alors en retirer ?
La Chine a soif d'informations. Même si celles qui ont été infiltrées ne sont pas classifiées, leur combinaison peut donner de bons renseignements, susceptibles de compromettre des secrets industriels ou militaires. Elle est ici le suspect numéro un car, pour soutenir son succès économique, elle veut devenir un centre d'innovation et de technologie.
Ces cyberattaques peuvent-elles affecter les relations bilatérales avec Pékin ?
Oui, comme les droits sur la propriété intellectuelle, la liberté d'expression, la croissance industrielle agressive, la politique monétaire ou encore les préoccupations envi
ronnementales.
Existe-t-il une coopération internationale sur le cyberterrorisme ?
Il n'y a pas de règlement au niveau international. Retrouver la trace des hackers qui ont utilisé les réseaux chinois est difficile car il n'existe pas d'accord avec la Chine pour ouvrir des cyberenquêtes.