VIDEO. Turquie: Au moins 37 morts dans un attentat à la voiture piégée à Ankara

ATTAQUE Une voiture piégée a explosé ce dimanche sur une place animée du centre de la capitale turque...

20 Minutes avec AFP

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Forte explosion, probablement un attentat, dans le centre Ankara, en Turquie, dimanche 13 mars 2016.
Forte explosion, probablement un attentat, dans le centre Ankara, en Turquie, dimanche 13 mars 2016. — EROL UCEM/AFP

Une très forte explosion a secoué la capitale turque Ankara dimanche. Au moins 37 personnes ont été tuées et une centaine blessées dans un attentat à la voiture piégée, a annoncé ce lundi le ministre turc de la Santé, Mehmet Müezzinoglu, après un premier bilan la veille. « Nous avons perdu trois de nos citoyens à l’hôpital. A ce stade, 37 personnes sont décédées dans cette attaque terroriste », a déclaré Müezzinoglu devant les journalistes, précisant qu'« au moins une des victimes » était l’auteur de l’attentat.

Cette attaque intervient un peu plus de trois semaines après une précédente attaque-suicide qui avait déjà fait 29 morts dans cette ville. « La déflagration a été causée par un véhicule rempli d’explosifs à proximité de la place de Kizilay », a annoncé le bureau du gouverneur d’Ankara, dans un communiqué. L’explosion s’est produite à 18h45 heure locale sur cette place très fréquentée du centre d’Ankara. Celle-ci abrite de nombreux commerces, de nombreuses lignes de bus et une station de métro. Plusieurs bus et de nombreux véhicules ont été totalement détruits par la puissante déflagration, selon un photographe de l’AFP sur place.

 

De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur les lieux de l’attaque, selon les images des chaînes d’information turques. Signe de la violence de l’explosion, au moins 23 personnes sont mortes sur le coup, selon la chaîne CNN-Türk. Les blessés sont traités dans dix hôpitaux de la capitale, « une dizaine d’entre eux » sont dans un état grave, a pour sa part indiqué à l’AFP une source médicale.

Pas encore de revendication

Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a convoqué dimanche soir une réunion de sécurité avec les principaux ministres concernés et les responsables des services de sécurité, a rapporté l’agence de presse Dogan. « Les premières constatations suggèrent une attaque suicide », a déclaré sous couvert de l’anonymat un responsable des services de sécurité turcs.

L’attentat n’a pas été immédiatement revendiqué mais son mode opératoire se rapproche d’un autre attentat suicide à la voiture piégée, qui a visé le 17 février à Ankara, non loin de la place Kizilay, des cars transportant du personnel militaire et fait 29 morts. Un groupe dissident du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes), les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), en avait assumé la responsabilité trois jours plus tard et annoncé de nouvelles attaques, notamment contre les sites touristiques turcs.

Après ce troisième attentat en cinq mois, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu se sont refusés dimanche à mettre en cause un quelconque groupe. « Nous avons des informations concrètes sur le groupe terroriste à l’origine de l’attaque », a déclaré le chef du gouvernement dans un communiqué, « nous aurons très rapidement les résultats complets de l’enquête et nous les rendrons publics ».

François Hollande exprime la « profonde solidarité » de la France

Dans un communiqué de l’Elysée, François Hollande exprime ce dimanche soir une « profonde solidarité » avec le peuple turc « après l’ignoble attentat ». La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop a révélé que son ambassadeur à Ankara avait échappé de peu à l’attentat. « Il se trouvait en voiture lorsque la bombe a explosé, il n’était qu’à 20 m », a-t-elle raconté.

L’ambassade américaine en Turquie avait alerté vendredi ses ressortissants sur une « possible attaque terroriste » à Ankara visant « des bâtiments du gouvernement turc et des immeubles » dans le quartier où a été perpétré l’attentat du 17 février.

La Turquie en état d’alerte maximale

Dimanche soir, un juge d’Ankara a ordonné l’interdiction de la diffusion de toute information sur l’attaque sur internet, notamment sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter où circulaient de nombreuses photos et vidéos.

La Turquie vit depuis l’été dernier en état d’alerte maximale après une série d’attentats, dont quatre ont été attribués par les autorités au groupe terroriste Daesh.

Le pays est en outre secoué depuis juillet dernier par la reprise du conflit kurde. D’intenses combats opposent ses forces de sécurité au PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes.