La Tunisie appelle aux dons pour lutter contre le terrorisme

MONDE Les autorités ont invité «tous les Tunisiens, à l'intérieur et à l'extérieur du pays» à participer au Fonds national de lutte contre le terrorisme...

Claire Planchard
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Des soldats tunisiens patrouillent dans la banlieue de Ben Guerdane, le mardi 8 Mars 2016.
Des soldats tunisiens patrouillent dans la banlieue de Ben Guerdane, le mardi 8 Mars 2016. — AP/SIPA

La Tunisie a besoin d’aide pour combattre Daesh. Moins d’une semaine après une attaque sans précédent contre des installations sécuritaires à Ben Guerdane, le chef du gouvernement tunisien Habib Essid a appelé ce samedi ses concitoyens, résidant dans el pays ou à l’étranger, à participer à « l’effort de guerre national dans la lutte contre le fléau du terrorisme ».

Jours de travail, salaires, argent…

Habib Essid a ainsi « invité les membres du gouvernement et les hauts cadres de l’Etat à faire don d’un jour de travail au profit du Fonds de lutte contre le terrorisme », selon un communiqué du gouvernement. « Il a également exhorté les fonctionnaires, les agents de l’Etat et les citoyens à prendre part à cette initiative en faisant des dons financiers.

Le président Béji Caïd Essebsi s’était auparavant rendu dans un bureau de poste du centre-ville de Tunis pour faire don d’un mois de salaire à ce Fonds, « une participation symbolique afin de soutenir les institutions sécuritaires et militaires » selon un communiqué de la présidence.


La Tunisie ciblée par Daesh

Lundi à l’aube, des dizaines de djihadistes lourdement armés ont attaqué une caserne militaire, un poste de police et un poste de la garde nationale à Ben Guerdane. Selon un bilan officiel, 49 « terroristes « ont été tués et neuf arrêtés pendant les assauts et les opérations sécuritaires qui ont suivi.

Treize membres des forces de l’ordre et sept civils ont aussi été tués lors des attaques.

 

Ces assauts n’ont pas été revendiqués jusqu’à présent mais les autorités les ont imputés au groupe extrémiste Etat islamique (EI), accusé de chercher à créer un « émirat » dans cette région frontalière de la Libye.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie est confrontée à l’essor d’une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes, mais les attaques de lundi sont sans précédent par leur ampleur.