Crise migratoire: L'Union européenne veut définitivement fermer la route des Balkans

IMMIGRATION Réunis à Bruxelles, les 28 chefs d'Etat européens veulent stopper le flux migratoire...

20 Minutes avec AFP

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Des migrants sur un canot entre le Turquie et la Grèce
Des migrants sur un canot entre le Turquie et la Grèce — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

L’Europe souhaite faire cesser les arrivées massives de migrants sur le continent. L’Union européenne s’apprête en effet à fermer la route des Balkans par laquelle des migrants rallient l’Allemagne et la Scandinavie.

« Le flux des migrants irréguliers le long des Balkans occidentaux arrive à son terme. Cette route est désormais fermée », est-il écrit dans le projet de déclaration finale du sommet, au moment oùl’arrivée de 1,25 million de demandeurs d’asile divise comme jamais le bloc européen. Cette décision sera prise ce lundi  à l’occasion du sommet extraordinaire à Bruxelles où se réunissent les 28 dirigeants européens.

Mais l’Allemagne parle de spéculations. « J’ai pris connaissance de ces informations, qu’on spécule sur une fermeture de la route des Balkans. Mais je veux dire qu’à l’heure actuelle il s’agit de spéculations, les négociations, les discussions sont en cours et il faut attendre », a déclaré une porte-parole d’Angela Merkel, Christiane Wirtz, lors d’un point presse régulier à Berlin. Elle a jugé qu’il faudra attendre la fin du sommet et écouter la chancelière pour savoir « si elle a signé ou pas signé quelque chose ».

Des tensions avec la Turquie

Ce nouveau sommet survient dans un climat de frictions récurrentes entre l’UE et la Turquie, candidate de longue date à l’adhésion. Les Européens s’inquiétant de la répression contre les médias opposés au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Avant de quitter Istanbul, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a affirmé que son pays avait fait des « pas importants » pour respecter sa part du « plan d’action » conclu en novembre avec l’UE afin de stopper les migrants quittant par milliers la côte anatolienne pour les îles grecques.

700 millions d’euros sur trois ans

L’Union européenne doit rapidement débloquer une enveloppe inédite (700 millions d’euros sur trois ans) pour aider la Grèce, plongée dans une terrible crise économique. Et lui fournir les moyens de mieux contrôler sa frontière extérieure, qui est aussi celle de l’UE, via l’agence européenne Frontex.

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Les 28 tenteront également de rétablir un peu de discipline au sein du bloc. Plusieurs Etats membres refusent en effet de mettre en œuvre la répartition de 160.000 réfugiés dans l’UE, agréée en septembre pour soulager la Grèce et l’Italie.

Une situation humanitaire dramatique

Lors d’un prochain sommet des dirigeants de l’UE, le 17 mars, Bruxelles devrait proposer une réforme visant à centraliser les demandes d’asile au niveau de l’Union Européenne, selon le Financial Times.

La situation humanitaire reste dramatique. Plus de 30.000 migrants demeurent bloqués en Grèce dans des conditions misérables, en raison des restrictions imposées par plusieurs pays des Balkans. Et ce dimanche, au moins 25 migrants, dont 10 enfants, ont encore péri dans un naufrage au large de la Turquie.