Mort du petit Aylan: Les passeurs condamnés à quatre ans de prison par la justice turque

TURQUIE Jugés coupables de «trafic d'immigrants», les deux passeurs syriens risquaient jusqu’à 35 ans de prison…

C. A. avec AFP
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Aylan Al-Kurdi a péri noyé alors qu'il tentait, avec sa famille, de rejoindre la Grèce. La photo de son corps inanimé sur la plage a bouleversé le monde entier.
Aylan Al-Kurdi a péri noyé alors qu'il tentait, avec sa famille, de rejoindre la Grèce. La photo de son corps inanimé sur la plage a bouleversé le monde entier. — REX Shutterstock/SIPA

Les images du corps sans vie du petit Aylan Kurdi, retrouvé gisant sur une plage après le naufrage d’un bateau de migrants, avaient fait le tour du monde et suscité une vague d’indignation planétaire.

Ce vendredi, deux passeurs syriens, jugés pour le naufrage de l’embarcation survenu en septembre dernier, ont été condamnés par la justice turque.

Coupables de « trafic d’immigrants »

Le tribunal de Bodrum (sud-ouest) a reconnu Muwafaka Alabash et Asem Alfrhad coupables de « trafic d’immigrants » et leur a infligé une peine de quatre ans et deux mois de réclusion.

Ils ont toutefois été acquittés des poursuites de « négligences délibérées ayant entraîné la mort », a précisé l’agence de presse Dogan. Les deux hommes risquaient jusqu’à 35 ans d’emprisonnement.

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La responsabilité du père pointée du doigt

Lors de leur procès, le 11 février, les deux passeurs avaient nié toute responsabilité dans le naufrage et pointé du doigt celle du père d’Aylan, Abdullah Kurdi.

Des proches de la famille et des résidents de Kobané entourent les cercueils du petit Aylan, de son frère et de sa mère, morts en tentant de rejoindre la Grèce. Le 4 septembre 2015.
Des proches de la famille et des résidents de Kobané entourent les cercueils du petit Aylan, de son frère et de sa mère, morts en tentant de rejoindre la Grèce. Le 4 septembre 2015. - Sipan Ibrahim/AP/SIPA

« Le vrai criminel, l’organisateur, c’est Abdullah Kurdi qui est devenu un héros à la télévision, mais n’est même pas venu témoigner », avait ainsi lancé Asem Alfrhad.

Les charges abandonnées

Le père de la petite victime était lui aussi poursuivi devant le tribunal de Bodrum pour avoir « utilisé » le bateau qui a coulé, selon Dogan. Les juges avaient toutefois décidé d’abandonner les accusations lancées contre lui. Outre Aylan, 3 ans, ce naufrage avait causé la mort de la mère de l'enfant et de son frère de 5 ans.

Aylan Kurdi et son frère Galip.
Aylan Kurdi et son frère Galip. - REX Shutterstock/SIPA

Abdullah Kurdi, qui vit une partie de l’année au Kurdistan irakien, a été accusé d’avoir lui-même organisé la traversée clandestine de la mer Egée qui a viré au drame. Il a toujours nié ces allégations.