ESPAGNE : L'infante Cristina comparait pour complicité de fraude fiscale

JUSTICE Le scandale lié à des faits de détournement de fonds avait éclaboussé la famille royale espagnole…

Clémence Apetogbor

— 

L'infante d'Espagne Cristina à Barcelone, le 22 décembre 2014.
L'infante d'Espagne Cristina à Barcelone, le 22 décembre 2014. — Manu Fernandez/AP/SIPA

C’est une première pour un membre de la famille royale espagnole depuis le rétablissement de la monarchie. La sœur du roi Felipe VI, l’infante Cristina d’Espagne, a comparu jeudi devant le tribunal de Palma de Majorque (Baléares) pour complicité de fraude fiscale.

Cristina de Bourbon, 50 ans, n’a accepté de répondre qu’aux questions de son avocat et a cherché à se démarquer des affaires de son époux Inaki Urdangarin, poursuivi pour des malversations de fonds publics et qui aurait reversé une partie de ces gains à une société qu’ils ont fondée ensemble, Aizoon.

>> A lire aussi : Le roi d'Espagne retire le titre de duchesse à sa soeur, l'infante Cristina

Son mari est le principal accusé

C’est pour des dépenses imputées à cette société qu’elle est poursuivie et risque jusqu’à huit ans de prison.

Inaki Urdangarin est le principal accusé dans l’affaire avec son ancien associé Diego Torres. Il risque jusqu’à 19,5 années de prison. Aux commandes entre 2003 et 2006 de l’institut Noos, une fondation sans but lucratif, Inaki Urdangarin, âgé de 48 ans, est accusé d’avoir détourné six millions d’euros obtenus par le biais de contrats faisant l’objet de surfacturations, avec deux gouvernements régionaux, à Valence et aux Baléares.

Il en aurait reversé une partie à Aizoon et des dépenses personnelles, y compris pour des voyages et des anniversaires étaient ensuite payées par la société.

>> A lire aussi : Le scandale qui éclabousse la Famille royale espagnole

Scandale

L’affaire, qui a éclaté alors que l’Espagne vivait sa pire crise économique depuis des décennies, a précipité l’abdication en 2014 de son père Juan Carlos 1er, déjà mis en cause dans d’autres scandales, dont une partie de chasse à l’éléphant en Afrique.

L’audience doit reprendre le 8 mars pour l’interrogatoire des témoins, en l’absence de la plupart des accusés, dont l’infante, installée en Suisse et encore en charge des affaires internationales d’une fondation.